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Décidément la période n'est pas simple. Les postures l'emportent sur le fond alors que nous sommes dans une période où les citoyens sont en droit d'attendre autre chose que des jeux de rôle à tous les niveaux.

Disons-le clairement, nous ne sommes pas seulement dans une situation difficile sur le plan économique. Nous sommes aussi en situation difficile sur le plan démocratique.

Alors quand des responsables quittent leurs postures, pour entrer dans un débat du niveau des défis qui nous sont posées il est important de le souligner.

Frédéric SAINT-GEOURS sort d'une posture et c'est tant-mieux.

Frédéric SAINT-GEOURS, président de l'union des industries et des métiers de la métallurgie prend à contre-pied le président du MEDEF, Pierre GATTAZ.

Alors que ce dernier appelle à renégocier dès maintenant la dernière convention qui rentre en application le 1° Octobre est imparfaite, Frédéric SAINT-GEOURS, lui, appelle à respecter les négociations et le calendrier fixé.

Pour lui, l'heure n'est pas à la négociation, mais à la préparation, avec les différentes partie-prenantes de la prochaine négociation. "Il y a un travail préalable extrêmement important... Ce n'est pas le moment de négocier. Il faut d'abord se poser un certain nombre de questions"... Il convient de le préparer par des études précises sur les bons effets et les mauvais effets des différents systèmes d'indemnité, en préparant aussi la discussion avec les partenaires, vu qu'il s'agit d'un dispositif paritaire".

Voilà, après les propos très fermes de Laurent BERGER (connu pour ne pas s'embarrasser de postures) au gouvernement, et au patronat, une réponse de la plus grosse fédération patronale que l'on aurait aimé entendre également de la part du Premier Ministre et du ministre de l'économie.

Cette intervention de Frédéric SAINT-GEOURS est la bienvenue. Elle rend visible un débat important au sein du MEDEF. Débat dont j'ai fait état dans un papier sur ce blog le 31 Août, suite à l'intervention de Manuel VALLS à l'université" du MEDEF[1].

Elle est la bienvenue car elle montre que la recherche du compromis est encore une ligne présente au sein du MEDEF, dont le président d'aujourd'hui n'est plus porteur, préférant, pour son organisation, le rôle de lobby à celui de syndicat.

La différence est énorme.

Le développement de la confrontation, de la négociation et du compromis, participe à la construction démocratique et fait donc progresser le "Vivre ensemble".

Le développement des lobbys, ne peut que nous conduire à des affrontements, entre lobbys, qui par construction ne font aucun compromis et ne recherchent autre choses que la satisfaction de leur propres intérêts.

Si le rapport de force est présent dans ces 2 approches, celui qui se développe dans le cadre d'une confrontation visant une recherche de compromis par la négociation, est porteur de progrès social et de progrès démocratique, tandis que l'autre ne peut déboucher que sur des affrontements sociaux graves.

la position le même jour du Président du MEDEF et de celui du Président de la Fédération des Industrie et de l'IUMM, sur le dossier de l'assurance chômage, fait apparaître très clairement les lignes de débats, (pas encore de fractures), au sein du MEDEF.

Malheureusement tout le monde ne sort pas de sa posture

C'est le cas de Messieurs GATTAZ du MEDEF et LAURENT du PCF. Le premier dans une posture idéologique et de lobbyiste, demande l'abrogation du compte pénibilité, créé dans le cadre de la réforme des retraites.

Aussitôt, le second crie au scandale "Si le gouvernement accédait à cette demande, ce serait à nouveau le signe d'un mépris à l'encontre de l'ensemble des organisations syndicales, qui sont très attachées à cette question".

Monsieur Laurent a la mémoire courte. Ce compte pénibilité a été créé par la réforme des retraites adoptée en 2013. Mais Monsieur LAURENT et les députés comme les sénateurs communistes n'y sont pour rien. Ils n'ont pas voté cette réforme. Et si le compte pénibilité a été adopté c'est aussi parce qu'une organisation, la CFDT, s'est bagarrée pour l'obtenir.

Oui Pierre LAURENT a raison; même si il met les syndicats dans un même paquet. Il faudrait plutôt dire "Des syndicats sont très attachés à cette question" et pas "Les Syndicats".

Oui Pierre LAURENT a raison, si le gouvernement répondait positivement à Monsieur GATTAZ, ce serait un signe de mépris.

Mais Monsieur LAURENT s'est opposé à la loi qui a introduit ce nouveau droit. C'était un signe de mépris pour les salariés et pour les syndicats qui avait défendu ce droit.

A être que dans des postures, on finit par se prendre les pieds dans le tapis, et être peu efficace pour faire progresser des droits... et la démocratie

Gaby BONNAND

[1] Il n'y a que les néolibéraux et la gauche la plus radicale pour considérer que l'entreprise se résume aux intérêts des patrons et des actionnaires. 31 Août 2014

Tag(s) : #Assurance Chômage, #Compte pénibilité

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