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Il y a des jours, ça fait du bien de lire de la part de personnalités reconnues, des choses que la musique ambiante néolibérale rendrait ringard.

Il en est ainsi des propos de Louis Gallois, grand patron français, président actuel du conseil de surveillance de PSA, mais aussi président de la Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale.

Sur France Inter Louis Gallois s’est déclaré opposé aux « mini-jobs ».

"Il y a une dignité du travail, il doit être rémunéré…je suis contre les "mini-jobs" à l'allemande ou à la britannique".

Chez nos voisins d'outre-Rhin, ils sont plus de deux millions de salariés à être titulaire d'un "mini-job", dont la rémunération est plafonnée à 450 euros par mois.

"Ce qui me pose problème c'est la remise en cause constante du Smic. Quand on est payé au Smic, on n'arrive pas à faire les fins de mois".

"Payer des gens quatre euros de l'heure et dire ensuite, ce sera à l'Etat ou aux collectivités locales de faire le complément, ce n'est pas ce que je souhaite".

Les louis Gallois sont rares dans le paysage français. Mais ces propos doivent être relevés. Ils font échos à de nombreux travaux sur la place du travail aujourd’hui, sur sa capacité créatrice et sa valorisation pour trouver des réponses aux questions économiques et sociales que nous traversons. La reconnaissance des individus, leur accompagnement dans leurs capacités créatives, voilà le chemin de sortie de nos crises multiples. Ce sont bien sûr d’autres leviers que les ratios, les chiffres et les courbes qui mutilent le travail et les hommes et les femmes qui l’exercent, et freinent la création de richesse, qu’il faut actionner.

Petit dialogue reconstitué de « Y’a Qu’a » et les « Faut Qu’on » qui donnent à voir la hauteur des débats

Pierre Gattaz, Président du MEDEF : « Il faut simplifier considérablement" le Code du Travail, qui fait 3 500 pages alors que le code suisse, par exemple, en totalise 80... »

  • Réponse de Bruno Lemaire, ancien Ministre de Sarkozy et ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin : «Le code du travail doit passer de 3.700 pages à 150 pour définir les droits fondamentaux des salariés».
  • Commentaire : Une proposition probablement mûrement réfléchie comme celle qu’il avait suggérée à son premier Ministre Dominique Villepin, avec le CPE qui a mis le pays en totale ébullition en 2006.

Roux de Bézieux, vice-président du MEDEF : « Mais ce que je regrette le plus c'est que certains, et notamment des syndicats, refusent absolument d'ouvrir le débat sur le contrat de travail à durée indéterminée, alors que nous avons 10% de chômage et que 80% des embauches se font sous contrat à durée déterminée. Le sujet du contrat de travail ne doit pas être tabou. Nous avons avancé nos idées pour sécuriser le CDI, en proposant des motifs prédéterminés de rupture ».

  • Réponse de Christian Noyer (Gouverneur de la banque de France) : "Il faut briser les tabous dans le domaine du marché du travail." "Est-ce qu'on veut vraiment s'attaquer aux rigidités dont on sait qu'elles créent du chômage ?" "Pourquoi on ne veut pas progresser dans l'unification du contrat de travail ?...Est-ce que sur le smic on veut continuer d'avoir quelque chose d'aussi rigide ?" On pourrait réfléchir à un SMIC plus réduit et temporaire pour les aider à entrer sur le marché du travail".
    • Commentaire : Un SMIC jeune. Une idée nouvelle ? Non. Peut-être que monsieur Noyer pourrait demander à monsieur Lemaire comment s’y prendre. Ce dernier a une expérience très réussie avec le CPE, qui était une autre appellation de SMIC jeunes.

Pierre Gattaz : "Le discours sur le thème "on a trop donné aux entreprises et elles ont distribué des dividendes" revient régulièrement. C'est absurde. Il faut faire une révolution culturelle"

  • Réponse de « la vraie vie » : «Les rémunérations globales des dirigeants des entreprises du CAC 40 ont sensiblement augmenté en 2014. Elles atteignent le chiffre vertigineux de 153 millions d'euros, en hausse de 10,1% par rapport à 2013. Sur un périmètre strictement comparable (mêmes entreprises et mêmes dirigeants sur l'ensemble de l'exercice, soit 33 sociétés), cette hausse est à peu près du même ordre, de 8,2%. Mais parmi les différentes composantes des rémunérations, les évolutions ne sont pas similaires… Une hausse de 10 % des packages due à l'augmentation des attributions d'actions et d'options (La tribune 28/04/2015)

Thibault Lanxade, Vice-Président du MEDEF : « Il nous faut retrouver de la flexibilité. 25 % des contrats finissent devant le Conseil des Prud'hommes, c'est exorbitant ! Parier sur une embauche est trop risqué. » … Il faut d’introduire des motifs incontestables de rupture, qui pourraient être listés préalablement. »

  • Réponse de Laurent Wauquiez le 27 avril 2015 ( ancien ministre de l’emploi jusqu'en Juin 2012: « Il faut mettre en place une vraie politique offensive pour le développement de l'emploi et la compétitivité de nos entreprises : incitation au travail avec le retour des heures supplémentaires, relèvement des seuils sociaux, baisse des charges, simplification du contrat de travail, et développement massif de l'apprentissage pour nos jeunes ».

Les propos de louis Gallois sont d’autant plus important à relever et à populariser qu’ils prennent à contre-pied tous les discours faciles des « Y’a Qu’a » et des « Faut Qu’on » du président du MEDEF et de responsables politiques, dont l’objectif poursuivi est de rester maître du jeu dans l’organisation économique. Ces « Y’a Qu’a, Faut Qu’on » en direction de l’Etat, ne visent-ils pas en fait à asservir la puissance publique à leurs intérêts. La réponse peut donner lieu à débat. Mais pour avoir le débat faut-il encore poser la question.

Gaby BONNAND

Tag(s) : #Louis GALLOIS, #Contrat de travail, #Flexibilité