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Quand on regarde bien, on s’aperçoit que le discours ultra libéral ambiant génère quelques contestations qui méritent d’être soulignées.

La semaine dernière c’était Louis Gallois qui s’exprimait très clairement contre les mini-jobs à l’anglaise ou l’allemande. Ces derniers jours c’est une étude du cabinet de conseil en stratégie Boston Consulting Group (BCG) qui nous dit que la SNCF, service public de transport voyageur est le troisième meilleurs réseau ferroviaire d’Europe

Selon ce rapport il partage la médaille de bronze avec le Danemark, derrière la Suisse et la Suède. Trois paramètres ont été pris en compte pour étudier les 25 pays sélectionnés : l’intensité d’utilisation du système ferroviaire, la qualité des services dispensés, et la sécurité.

La France est donc une bonne élève sur la plupart des critères d'évaluation :

  • 2ème place sur la qualité de service
  • 2ème place sur la fréquentation de voyageurs
  • 3ème place sur le rapport performance/subvention publique
  • 4ème place sur la sécurité

Ce cabinet ne peut pas être taxé de complaisance avec des idées de gauche. C’est le numéro UN mondial des cabinets en stratégie et en recrutement.

Et comme une nouvelle ne vient jamais seule, il faut souligner que même, le très libéral Axel de Tarlé, journaliste chroniqueur au JDD, consacre sa chronique du dimanche 3 mai à ce sujet. Il fait dans cette chronique amende honorable. Je ne résiste pas à le citer :

« Cette étude cloue le bec à tous les râleurs professionnels, que nous sommes tous, sur les trains qui ne sont jamais à l’heure, avec des cheminots toujours en grève. Car le détail de cette étude remet en question bien des clichés. Le BCG salue la ponctualité des trains français. La SNCF se situe à la deuxième place européenne pour la qualité du service à bord… Le BCG loue le bon rapport qualité /prix du train en France… ». La SNCF coûte cher au contribuable ? Et Axel de Tarlé de poursuivre son « mea culpa » : « Là encore nouveau cliché. Le budget de l’Etat alloué au train n’est que de 180 € par habitant en France. En suisse il atteint 500€, en grande Bretagne et au pays bas, 130 € , mais pour des réseaux ferroviaires nettement moins performants… Et pourtant que n’a-t-on pas écrit sur la gabegie de la SNCF ». Et de conclure sa chronique de manière touchante, invoquant presque le pardon : « Nous sommes pris en flagrant délit l'autodénigrement. On passe notre temps à critiquer la SNCF et à vanter les compagnies low-cost. C’est très injuste… ».

Je ferais juste remarquer qu’Axel de Tarlé emploie le « on » ou le "nous" et non pas le « je ». Avec l’utilisation du pronom indéfini, Axel de Tarlé veut associer à son mea culpa dominical, tous ceux qui participent à ce « dénigrement ». Certes ils sont nombreux et nous en sommes ou nous en avons été quand nous sommes victimes d’un retard ou d’un incident. Ceci étant, c’est un peu facile de mettre tout le monde dans le même sac, quand on sait comment à partir de petits faits, souvent marginaux, les tenants de la privatisation outrancière, construisent des théories globales visant à vanter les mérites de la privatisation en tous lieux et en toutes occasions.

Je n’en tiendrais pas rigueur aujourd’hui à Axel de Tarlé. Il a eu le mérite de faire état d’une étude qui vient à l’encontre de ce qu’il a pu dire, écrire sur la SNCF. C’est trop rare pour que l’on boude son plaisir.

Mais ce qui importe, c’est ce que va entrainer cette analyse sur les questions économiques actuelles et futures.

Alors je conseillerais à Axel de Tarlé, (mais il y a peu de chance qui me lise), un extrait de l’interview d'Elena CRASTA, responsable des TUC britanniques dans le Magazine CFDT de Mai 2015 : « Dans son budget, présenté en mars, David CAMERON a déjà programmé de sévères coupes budgétaires jusqu’en 2018, et sans doute ira-t-on au-delà, car les objectifs gouvernementaux ne seront probablement pas atteints dans les délais. Le budget de santé est particulièrement menacé. Or la population britannique est très attachée au NHS (National Health Service), le service de santé hérité de l’après-guerre. Les études montrent que la politique d’économie menée par le NHS a déjà eu pour effet une dégradation de la qualité des soins. Les grandes entreprises privées du secteur de la santé sont à l’affût, prêtes à se servir. Un mouvement de défense du NHS est né, composé de syndicats, d’acteurs de la société civile. Nous avons vu les dégâts causés par le passage du public au privé dans les transports. Cela a été catastrophique».

Gaby BONNAND

Tag(s) : #Economie, #Service Public, #SNCF

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