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Pour Ouvertures.over-blog.com, Paul BUREL, ancien éditorialiste d'Ouest-France, qui préside et anime Paris Breizh Média, l'association des journalistes bretons de Paris, dans laquelle Laurent a eu l'occasion de présenter son livre, à la Maison de la Bretagne à Paris, nous livre la réflexion que lui a inspiré la lecture du livre de Laurent BERGER.

Si après une lecture du livre, quelqu'un souhaite faire partager son point de vue n'hésitez surtout pas. le blog est fait pout faciliter les échanges et les débats.

Pour l'instant retrouvons paul BUREL:

"La littérature militante syndicale est assez souvent convenue sur le fond et indigeste dans la forme. A tout le moins on doit reconnaitre à Laurent Berger qu'il rompt avec ce modèle. Dans un style direct et sans fioritures - sans cultiver artificiellement la petite phrase supposée faire le buz médiatique- il donne une belle leçon de syndicalisme réformiste.

En évitant aussi bien de céder à la facilité de l'autosatisfaction que de l'esprit de critique systématique. Même s'il distribue, au passage, quelques claques bien ajustées à ses partenaires syndicaux "trop souvent bloqués dans le monde d'hier" et au Medef surpris en flagrant délit de "posture" pour ne pas dire d'imposture. Un Medef "peu réaliste", coupable de privilégier "le lobbying" et "le court terme", "incapable d'assumer sa part de responsabilité."
En fait, Laurent Berger, avec un sens pédagogique très affuté, passe au gant de crin quelques tenaces préjugés sur le syndicalisme d'aujourd'hui, en plaidant tout simplement pour un syndicalisme utile.
- Les syndicalistes sont des apparatchiks hors sol? Le boss de la CFDT n'est pas claquemuré dans son bureau parisien. "Une fois par semaine au moins" il va à la rencontre des militants et des salariés dans leur entreprise ou leur administration.
- Les syndicats sont corporatistes? Laurent Berger ne se contente pas de rappeler en leitmotiv que "l'intérêt général doit passer avant celui de chaque catégorie de salariés". Il condamne sans équivoque les "vieux réflexes catégoriels" des pilotes d'Air France lors de leur grève de 2014. "Leur mouvement était indécent".
- Les syndicats sont inefficaces? Chez Renault la CFDT est parvenue à faire partager à Carlos Ghosn lui-même son analyse de la compétitivité et à obtenir l'engagement de ne fermer aucun site en France. Dans un contexte concurrentiel exacerbé!
- Les syndicats sont passéistes, conservateurs, immobilistes? Face aux enjeux insondables de la formidable révolution numérique, Laurent Berger en appelle à un "Grenelle du numérique" car "il faut regarder la réalité en face" et ne pas attendre qu'elle vous mette hors-jeu.
- Les syndicats n'ont pas d'idées? La CFDT milite pour "un compte social personnel" très original qui s'inscrit dans une logique de droits attachés à la personne assez révolutionnaire. Assez d'ailleurs pour embarrasser les politiques, c'est dire.

Evidemment on pourra toujours objecter qu'un bon exemple ne fait pas une généralité, ni un modèle proclamé une réalité partagée. Au demeurant tout un chacun a dans sa proximité, une multitude de contre-exemples de terrain sur des pratiques syndicales peu conformes à ce modèle réformiste, y compris à la CFDT. Il n'empêche, si tous les leaders syndicaux se bougeaient les neurones et les certitudes comme le fait Laurent Berger, la démocratie sociale ne serait sans doute pas dans l'état de déliquescence qui est sienne aujourd'hui..."

Paul Burel,

Laurent Berger "Permis de construire" éditions Tallandier