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Manuel Valls fait très fort ces derniers mois pour construire, consolider et aujourd'hui camper dans une posture de soi-disant «rénovateur pragmatique» de la gauche. Le problème c'est que la rénovation « pragmatique » ne peut servir de politique sans que les orientations des réformes soient clairement énoncées.

Si Fixer un Cap ne se confond pas, bien sûr, avec la définition d'un«projet politique clef en main», il n'empêche qu'un pragmatisme sans pensée, sans Cap, ce n'est ni plus ni moins que de l'opportunisme..

Il apparait de plus en plus évident, que sur un certain nombre de projets en cours, on recherche Le Cap.

Sur la question de la laïcité c’est la confusion la plus totale qui alimente une islamophobie insupportable.

Sur la problématique des migrants, le pragmatisme avec lequel la puissance publique prend le dossier, se transforme en un gestion calamiteuse tant pour les migrants eux-mêmes que pour l'image que la France renvoie.

Sur la question de la lutte contre le terrorisme, les tergiversations sur la déchéance de nationalité révèlent une absence de pensée.

Sur la question du droit du travail, avec le projet de loi ElKomri, c’est une surenchère du Premier Ministre qui met le feu aux poudres. Pour apparaitre comme « le plus réformateur que moi, tu meurs » il introduit en dernière minute, des mesures les plus farfelues qu’une partie du patronat à imposer. Partie du patronat (pas forcément majoritaire) qui ne voit dans les protections des salariés que des freins au dynamisme des entreprises confondu le plus souvent avec la rentabilité financière pour les actionnaires.

Tous ses signes révélateurs d’un manque de Cap sont inquiétants. Relayés par les médias, ils deviennent une fragilité pour le pouvoir en place, et plus largement pour la démocratie. Ils créé des espaces de réactions et de débats sur les réseaux sociaux, ils deviennent motifs d’indignations, de contestations, de critiques, de mobilisations.

Soyons tout de même optimistes: Si l'absence de cohérence dans ce que donne à voir l’exécutif, est inquiétante, la réaction que cela suscite, montrant d'une certaine façon, une vitalité démocratique, est plutôt rassurante.

Il y a bien sûr quelque chose de moins rassurant. Cette façon de gouverner qu’incarne notamment le Premier Ministre est caractérisée par une volonté d’afficher une posture de « réformateur pragmatique » qui prend le pas sur le l’explication et le sens des réformes proposées. La conséquence de cette attitude adoptée au plus haut niveau de l’Etat ne peut que générer des positions symétriques dans le camp de ceux qui s’opposent.

C’est une occasion rêvée pour tous ceux et celles, (organisations politiques, syndicales, associatives, ou individus..) qui ont de multiples raisons d’adopter eux aussi des postures : crise interne dans des organisations, absence de ligne pour d’autres, rachat de virginité pour des responsables politiques qui eux-mêmes ont sombré lorsqu’ils étaient aux affaires, revanche personnelle…

Il ne s’agit pas de rêver un monde idéal dans lequel tous les responsables politiques, sociaux, économiques, seraient animés par le seul intérêt général. C’est tout simplement impossible. Les hommes et les femmes sont plus complexes que cela et les moteurs de leurs actions ne sont pas uniques.

Dans ce monde en grande transformation sous l’effet de multiples conjonctions...:

- Explosion démographique avec ses conséquences en matière de déstabilisations de l’organisation géographique et politique du monde

- Révolution numérique avec ses impacts sur les échanges, les communications, l’information… qui transforment les rapports que les hommes entretiennent entre eux.

- Evolution des sciences et des techniques et leurs impacts sur les systèmes de production, de distribution, d’organisation et de condition du et au travail.

- Utilisation illimitée des ressourcés naturelles qui épuisent de façon irréversible la planète,

- Des échanges économiques qui se sont largement émancipés des espaces politiques et sociaux construits dans le cadre des Etats-nation

Transformation aussi sous l’effet des actions et des luttes de femmes et d’hommes qui revendiquent

- leur place dans la communauté humaine, leur reconnaissance comme être humain

- l’accès aux droits fondamentaux en échappant entre autre aux massacres perpétrés par des régimes totalitaires, dictatoriaux et sanguinaires….

...Je voudrais simplement formuler le souhait que la complexité du monde, qui s’incarne dans la réalité concrète et quotidienne des individus, suscite d’avantage de débats sur le fond des choses que des débats de postures.

Ce qui se passe autour du projet de loi ElKomri est révélateur atristant de ce de ces débats de postures.

A des postures politiques, égoïstes, opportunistes, machiavéliques à certains égards, les réponses apportées sont aussi des postures organisationnelles, conjoncturelles, opportunistes. Tout cela n’invite pas à regarder avec lucidité, clairvoyance et rigueur cette complexité du monde.et de sa réalité concrète.

Il ne s’agit pas, en regardant lucidement ces réalités, de s'y soumettre, mais d'inventer des réponses pour les femmes et les hommes d’aujourd’hui, leur permettant d'être pleinement " libre", comme disait robert CASTEL. C'est à dire des Hommes ayant les moyens, les protections nécessaires, les garanties suffisantes pour être libres et non soumis ou dépendants de quelques situations que ce soient.

Je suis certain que ce sont les aspirations de ceux et celles qui se mobilisent, les jeunes notamment, sur les réseaux sociaux et ailleurs, en ce moment.

Heureusement, dans le camp syndical, certains ont fait un autre choix que celui des postures faciles.

Bravo car ce sont là des raisons d’espérer encore

Gaby BONNAND

Tag(s) : #ElKomri, #Postures, #Démocratie

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