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Il y a plusieurs façons de faire un bilan d'un mandat présidentiel.

La première consiste à évaluer l'écart entre des promesses et le réalisé. Dans le cas du mandat de HOLLANDE, c'est compliqué. Les promesses étaient floues et le sens donné à celles qui ont été faites, était pour le moins, désincarné.

La deuxième consiste à comparer l'écart entre le monde idéal vers lequel le candidat voulait emmener les citoyens et le monde réel, tel qu'il se présente au terme du mandat.. Difficile là aussi. Si, on peut reconnaître à HOLLANDE d'avoir rompu avec cette tradition du socialisme français qui consistait à «vendre» durant les campagnes, un projet de société clef en main sans ne jamais donner des éléments précis pour passer de la société réelle à la société annoncée, force est de constater.qu' il a remplacé cette tradition par des slogans flous, des éléments de langage qui peuvent donner lieu à interprétation. Ils sont devenus autant de missiles pour tous ceux à droite et à gauche qui veulent fusiller HOLLANDE. Et ils sont nombreux.

Une troisième façon serait de regarder de manière concrète les résultats de l'action gouvernementale et présidentielle, en comparant la situation au terme du mandat, avec celle qu'elle était lorsque HOLLANDE est arrivé au pouvoir.

L'arrivée de Hollande au pouvoir, étant, selon les analystes, plus le résultat d'un rejet de SARKOZY qu'un vote d'adhésion à un projet porté par HOLLANDE, le bilan le plus intelligent de la part de la gauche serait de montrer qu'en dépit d'une impréparation totale, d'un pragmatisme dans l'action parfois douteux (essai de faire passer la déchéance de nationalité), souvent impensé (CICE, taxation à 75%), le plus souvent inexpliqué (Compte personnel d'activité), le bilan de François HOLLANDE se distingue largement de celui de Sarkozy de 2007 à 2012 et de la logique ultralibérale et autoritaire qui accompagnait son action durant 5 ans, dans de nombreux domaine notamment sur les questions sociales (retraites, plan de lutte contre la pauvreté...), fiscales (Tranche à 45% pour les hauts revenus, Prime d'activité...) et sociétales (Mariage pour tous, renforcement de l'économie sociale et solidaire...).

La gauche est incapable de faire ce type de bilan. Reconnaissons que cette difficulté tient aux multiples raisons qui ont conduit les Français à faire de HOLLANDE, Président de la république en 2012.

Le PS, et plus largement la gauche, n’assument absolument pas la responsabilité collective de l'impréparation de l’arrivée au pouvoir. Des candidats à la primaire socialiste au frondeurs d'aujourd'hui, en passant par la haine paranoïaque que MELENCHON voue à François HOLLANDE, tous n'ont eu de cesse depuis la victoire de François HOLLANDE, de faire comme si ils étaient encore en campagne, défendant leurs programmes réciproques, et analysant les résultats gouvernementaux en fonction de leur propre programme.

Aidés par EELV et le PC dont le poids respectif dans le pays est de plus en plus faible, les ex. candidats à la primaire et ceux à qui a été donné le nom de frondeurs, se sont servis de ce que les communicants, appellent des éléments de langage de la campagne du candidat HOLLANDE, pour instruire le procès de HOLLANDE en trahison : «Mon ennemi c'est la finance »… « Moi, président, j’essaierai d’avoir de la hauteur de vue pour fixer les grandes orientations, les grandes impulsions mais en même temps je ne m’occuperai pas de tout et j’aurai toujours le souci de la proximité»… « Moi, président de la République, je ferai un acte de décentralisation parce que je pense que les collectivités locales ont besoin d’un nouveau souffle, de nouvelles compétences de nouvelles libertés »…« Moi, président de la République, je ferais en sorte que les partenaires sociaux puissent être considérés (organisations professionnelles et syndicats) et que nous puissions avoir régulièrement des discussions»

Faute de programme, de propositions préparées, la candidat HOLLANDE a multiplié durant la campagne, ces éléments de langage qui se sont retournés contre lui une fois arrivé au pouvoir,

Il y a une double responsabilité collective :

- Celle de n’avoir pas préparé collectivement et HOLLANDE porte la plus grosse part de cette responsabilité, car c’est lui qui était candidat.

- Celle de faire croire que les éléments de langage développés durant la campagne constituaient le programme du candidat qu’il ne tient pas une fois au pouvoir. Les opposants au sein de la gauche portent dans cette amalgame, la plus grosse part de responsabilité. Cette situation est catastrophique :

Personne ne se remet en cause sur l’impréparation

Par ce jeu on continue à faire croire que des slogans servent de programmes

Oui, le pragmatisme de Hollande est douteux, dangereux parfois, totalement impensé, inexpliqué

Oui la gauche a raté des occasions énormes en matière de lutte contre les inégalités par une réforme fiscale d'ampleur, en matière de cohésion sociale par l'octroi du droit de vote aux étrangers pour les élections territoriales

Oui la gauche a raté son rendez-vous avec l'Europe, en ne mettant pas à profit le rapport de forces que lui a donné sa victoire en 2012

Oui, HOLLANDE a rajouté de la confusion en nommant, en 2° partie de mandat, comme 1° Ministre, le candidat à la primaire socialiste, celui qui a recueilli le moins de de voix

Oui la gauche peut faire bien mieux. Et son problème n'est pas qu'elle n'a pas appliqué son programme, c'est qu'elle n'en avait pas de préparé sérieusement. Pour tout programme, nous avons eu droit à des slogans.

Le malheur c'est que son action qui est réelle, et dont plusieurs d’entre elles ont eu des effets positifs, est brouillonne, trop éparpillée, et n'est absolument pas soutenue par un récit capable de donner du sens et de la cohérence à l’action réalisée.

La responsabilité en revient tout d'abord au pouvoir et aux 2 têtes de l'exécutif, mais aussi au parti socialiste qui, pris dans ses contradictions, est complètement paralysé. .

Autant dire que ça laisse un boulevard à tous les anti-HOLLANDE, de droite et de gauche pour noircir bien plus que la réalité le bilan de ce dernier.

Cette incapacité collective à penser à gauche, l'intérêt général, nous conduit inexorablement vers une victoire de la droite ou de l'extrême droite en 2017

Il faudra que les nouveaux gouvernants élus en 2017, remettent en cause

- la tranche supplémentaire d'impôt

- la prime d'activité

- la protection universelle maladie supprimant le statut d’ayant droit au profit de bénéficiaire de plein droit

- le Compte pénibilité

- les espaces de négociation dans les entreprises,

- les droits des syndicats...

Pour se rendre compte que le mandat d’HOLLANDE a été en rupture avec celui de SARKOZY.

Mais il sera trop tard.

Ga by BONNAND

Tag(s) : #HOLLANDE, #Bilan de mandat

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