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Avec

  • Hamon qui grille Montebourg sur la ligne des annonces des candidatures, aux primaires du PS pour, selon lui, redonner l’espoir à une gauche déçue par Hollande, dont il a été le ministre 2 ans.
  • Montebourg, qui choisit l’Express, pour se confier sur sa vie privée à 8 jours de l’annonce de sa candidature à la primaire ou directement à la présidentielle sans passer par cette case
  • Le premier Ministre, Valls qui appelle les musulmans à la discrétion, tout en leur demandant de se mobiliser contre "une vision mortifère de l'islam", en tant que communauté représentant "l'islam de France" tout en disant que les communautés n'existent pas en république

Nous ne pouvons pas dire que nous empruntons le chemin d’une reconstruction de points de repères clairs identifiant une politique de gauche.

Pourtant, il y a l’espace, le matériau, et la nécessité

L’espace

Contrairement à ce que pense Hamon, la gauche nouvelle ne renaîtra pas de ce qui reste du parti communiste et de Euope-Ecologistes-Les-Verts. Elle se fera avec les citoyens qui se mobilisent de partout dans des initiatives diverses et qui sont en attente d'un espace politique plus ouvert et plus à l'écoute de ce qu'ils font. La droite s’est tellement déportée du côté droit au point de tangenter l’extrême, qu’elle laisse un espace énorme pour reconstruire une politique capable de redonner espoir sur la base de valeurs fortes de solidarité, de démocratie et d’humanisme, profondément présentes dans de nombreuses initiatives locales, régionales, nationales émanant de gens aussi divers que les initiatives engagées, sont multiples.

Le Matériau.

Il est constitué de ces initiatives citoyennes. Elles sont nombreuses dans le domaine de la production, de la consommation, des économies d’énergie, de la culture, de l’échange, de l'organisation de services aux prarents, aux enfants, aux séniors, de la solidarité nationale et internationale, de la finance alternative…Ce initiatives mobilisent des milliers de citoyens

  • Qui font vivre une certaine idée de la citoyenneté, en développant des énergies renouvelables
  • Qui font exister concrètement des solidarités dans des actes quotidiens de la vie, en organisant des services partagés.
  • Qui inventent de nouvelles formes de partage, d’échanges, (loin des théories économiques) en développant des monnaies locales
  • Qui produisent en mettant la qualité au centre de leur production, avec le souci de répondre aux besoins des populations.
  • Qui épargnent pour développer des activités locales et durables près de chez eux
  • Qui donnent de leur temps dans du bénévolat associatif pour participer à l’aide aux réfugiés, aux restos du cœur ou toutes autres associations venant en soutien aux plus exclus d’entre nous, ici et ailleurs.
  • Qui …

La liste n’est pas exhaustive, tellement les initiatives sont nombreuses, diverses et souvent invisibles. L’espace médiatique leur est très rarement ouvert.

Avec l’espace laissé par la droite qui glisse vers l’extrême droite, avec ce matériau qui manifeste un fort potentiel de transformation, il y a une place pour les idées progressistes, démocratiques et humanistes capables de redonner du sens. Il y a une place pour une gauche nouvelle.

Mais faire exister cette gauche est un défi pour la gauche d’aujourd’hui et l’ensemble de ses responsables.

  • Le premier défi à relever serait de renouveler sa capacité d’écoute. Que dis-je ? Pas de renouveler, mais de s’éduquer à une capacité d’écoute de ces initiatives pour en comprendre la substantifique moelle. Ce qui reconnaissons-le, n’est simple pour personne.
  • Le deuxième défi, serait de rompre avec l’élaboration de programmes politiques en chambre, alimentés par des experts en tout genre, pour au contraire créer les conditions pour que les grandes orientations soient alimentées par cette myriade d’initiatives et leurs promoteurs.
  • Le troisième défi, serait de travailler à la construction d’espaces permettant aux acteurs de ces initiatives de participer à l’élaboration des voies, des chemins pour conduire les transformations nécessaires.
  • Le quatrième défis serait de rompre avec cet espèce de jacobino-marxisme à la française, qui conduit à penser toute transformation par le centre, décidant du centre ce qui est bon ou pas pour les citoyen, et considérant que la périphérie suivra. Il est temps de comprendre que dans un cercle le point central est largement moins important que sa périphérie, et que le « bonheur » des gens ne s’est jamais fait sans eux.
  • Le cinquième défi est aussi une rupture, peut-être la plus difficile. Rompre avec l’ambition que se donnent chacun des responsables politiques, de devenir le seul homme providentiel capable de rassembler la Gauche. Rupture très difficile si on se réfère aux innombrables candidatures déclarées ou à venir pour la primaire à gauche, pour laquelle chacun considère qu'il ou elle est l'homme ou la femme providentiel(le).

Une nécessité

L’urgence n’est pas de savoir qui annoncera sa candidature en premier, de Hamon ou Montebourg. Il parait que c’était l’urgence des 2 clans ces dernières semaines. L’un est heureux, l’autre est vexé. Mais qu’est-ce qu’on en a à faire ?

La nécessité de rénover cet espace progressiste, démocratique et humaniste est l’urgence et la seule urgence du moment.

Nous sommes dans une situation très paradoxale, avec d’un côté une impression qu’une demande sécuritaire pouvant aller jusqu’à des remises en cause de notre Etat de droit, et de l’autre une foison d’initiatives dans tous les domaines qui mobilisent des citoyens de plus en plus nombreux mais n'arrivant pas à donner à voir, une force en mouvement.

Il me semble que l’espace d’un renouvellement pour une gauche progressiste, démocratique et humaniste se trouve là : organiser l’espace politique pour donner cohérence dans la diversité à ces initiatives citoyennes et en faire des leviers pour les transformations dont notre société a besoin.

Gaby BONNAND

Tag(s) : #initiatives citoyennes, #renouvellement de la gauche