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.Même si la mise en scène est impeccable, ce n’est une surprise pour personne. Il rêve de revanche depuis sa défaite de 2012. Voilà, Sarko a entendu l'appel du peuple. Il s'imagine homme providentiel dont la France a besoin. «J'ai décidé d'être candidat à l'élection présidentielle de 2017. La France exige qu’on lui donne tout. J’ai senti que j’avais la force pour mener ce combat à un moment si tourmenté de notre histoire».

Oui nous vivons une période tourmentée. Mais ce n’est pas seulement la France, c’est l’Europe, c’est le monde entier, la planète, ceux et celles qui y vivent.

A l’heure d’une mondialisation à plusieurs visages contradictoires qui nous entraîne dans un mouvement qui engendre des gagnants, mais beaucoup trop de perdants, nous n’avons surtout pas besoin de quelqu’un dont les moteurs de l’action sont la haine et l’argent[1] pour tenir le gouvernail de la France.

Son premier mandat, une catastrophe sur de nombreux domaines, suffirait à le disqualifier.

Sur le plan économique, de 2007 à 2012, la dette publique de l’Etat est passée de 921 milliards d’euros à 1 386 milliards d’euros, soit une explosion de 50,4% en l’espace de cinq ans équivalent à 465 milliards.

En terme de croissance économique, elle est passée de 2,3% en 2007 à 0% en 2012[2], plongeant la France dans la récession. Du côté de la balance commerciale, elle a explosé de moins 52 milliards en 2007 à moins 81,5 milliards en 2012, soit une détérioration de 56,7%, représentant la somme de 29,5 milliards d’euros[3].

Sur le plan international, il a conduit la politique étrangère d’une manière opportuniste, comme l’intervention en Libye contre son ami Kadhafi qu’il recevait en grandes pompes, au début de son septennat, le montre. Ce n’est pas l’intérêt de la France qui le mobilisait, mais le souci de laisser son nom dans l’histoire et peut-être le règlement de quelques affaires collatérales à l’UMP. Oui son nom restera, et avec celui-ci une tache indélébile dans l’histoire de la politique étrangère de la France.

Sur le plan social, remise en cause partielle des 35H et des départs à la retraite pour carrières longues, pour ne parler que des reculs les plus significatifs. Une satisfaction sur ce volet tout de même, son empressement à vouloir mettre au pas les syndicats, a conduit à sceller une alliance solide, bien qu’éphémère, entre la CFDT et la CGT pour au contraire, redonner les moyens de son renouveau, par l’accord sur la représentativité, en 2008

Il suffit donc de regarder le Bilan de Sarko durant son mandat de 2007 à 2012, pour se convaincre qu’un autre mandat serait une catastrophe.

Mais apparemment ça ne suffit pas. Il faut donc faire état de son action depuis son échec de 2012.

Son attitude durant les derniers 5 ans, parcourant le monde entier à l’appel des puissants, et peu regardant sur le caractère démocratique des régimes qui lui font appel, pour tenir des conférences grassement payées, disqualifie son discours altruiste.[4]

Un autre mandat de Sarko, plongerait la France dans une situation désastreuse sur le plan intérieur. Ne cherchant qu’à diviser, à monter les français les uns contre les autres, il n’en finit pas actuellement de stigmatiser l’islam et les musulmans versant volontairement dans l’amalgame entre Islam et Islamisme. Cherchant à remettre en cause le droit du sol, il fait croire aux Français inquiets, à juste titre, que la protection de la France, leur protection passe par le refus de la différence, le refus de l’autre.

Et pour Sarkozy l’autre, aujourd’hui ce sont principalement les musulmans, mais aussi les chômeurs à qui il va falloir réduire les allocations chômage, car ils vivent au dépend des autres et ce sont d'abord eux, les responsables de leur situation. Ce sont également les pauvres, des « assistés » qui vivent d’allocations au crochet de ceux «qui se lèvent tôt pour travailler ».

Le danger d’une victoire de Sarkozy à la primaire de la droite, tient au fait qu’il jouera la carte du rempart contre Le Pen et l’extrême droite. Mais pas plus que Estrosi est un rempart contre l’extrême droite en PACA, comme il le montre avec ses soutiens, depuis les attentats de Nice, Sarkozy ne sera pas le rempart contre le front national.

Il bénéficiera de cette supposée légitimité démocratique et républicaine, que lui confère son appartenance à un parti « républicain », alors que par son programme, son action et son comportement haineux et revanchard, j’affirme qu’il se transformera en faux-nez de l’extrême droite.

Gaby BONNAND

[1] "Un jour, j'irai faire du fric", rapporté par Renaud Dély et Didier Hassoux dans leur livre "Sarkozy et l'argent roi" (Calmann-Lévy).

"Je ne ferai qu'un quinquennat. Je veux réformer la France et ensuite, je gagnerai beaucoup d'argent" rapporté par Catherine Nay, "l'Impétueux" (Grasset)

[2] Selon Eurostat

[3] Selon Eurostat

[4] En Octobre 2014, Le Nouvel Observateur, notait que "Nicolas Sarkozy aurait gagné plus de 3 millions d'euros en deux ans", essentiellement grâce à ses conférences à l'étranger. En deux ans, l'ancien locataire de l'Elysée aurait ainsi donné près d'une vingtaine de conférences dans le monde : Angleterre, Argentine, Canada, Chine, Etats-Unis, Israël, Nigeria, Russie, Suède mais aussi Singapour, les Emirats arabes unis ou encore Abu Dhabi. Depuis il y en a eu d’autres notamment au Qatar en décembre 2014

Tag(s) : #Sarkozy, #Extrême droite, #Politique

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