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Le Parti Socialiste et ce qu'il est devenu aujourd'hui, mériterait probablement d'être le sujet d'une étude sociologique tant sur les questions organisationnelles que comportementales. En effet comment ce parti peut produire autant de responsable, tous soucieux, selon leur dire, d'être l'homme providentiel de la gauche.

Voilà deux anciens ministres de François HOLLANDE qui se présentent, un à la primaire socialiste pour être une alternative à Hollande dont il a été ministre 2 ans, et l'autre directement à la présidentielle, refusant en cas de défaite, de soutenir Hollande duquel lui aussi a été ministre.

Je connais un peu le fonctionnement des organisations. J'ai connu de très près le fonctionnement interne d'une organisation syndicale et j'ai eu l'occasion d'approcher dans le cadre de mes responsabilité, les partis politiques et leur "fonctionnement"'.

je ne prétend pas avoir les explications à la questions de départ, mais je pense avoir quelques bribes de réponses du fait de l'expérience vécue.

Toute organisation crée une logique propre à elle, indépendant-même de sa raison d'être, de son objectif, de sa finalité.

Cette logique institutionnelle est inhérente à toute vie de groupe dans lequel chacun a sa personnalité, ses convictions, ses idées. Présente dans toutes les organisations, cette logique est nécessaire pour assurer la cohérence du tout. Mais moins l'organisation est en prise avec le réel, plus la logique institutionnelle est forte et tend à s'émanciper de la raison d'être de l'organisation. Favorisant un esprit de corps, cette.dynamique peut aller jusqu'à un fonctionnement organisationnel fermé. C'est le repli, c'est la protection contre l'extérieur qui menace l'organisation et ses dirigeants. Plus l'organisation se replie, et plus un cercle protecteur se met en place autour du ou des dirigeants principaux de l'organisation, accélérant la coupure de ces derniers avec le réel. La pression médiatique n'a fait qu'amplifier ce phénomène.

Le danger extrême de cette logique institutionnelle, n'est pas son existence. c'est de ne pas prévenir les risques qu'elle comporte. Le risque le plus grave, c'est le repli. Repli qui conduit à se couper, sans discernement, de tous ceux et celles qui émettent des positions différents. Cette logique institutionnelle, sans travail de prévention, est une logique qui transforme le débat en guerre de tranchées et conduit donc à l'éclatement et à la division. Chacun étant certain de ces certitudes ce repli conduit à l'entre soi. Entre-soi qui est considéré par les membres de ces petits cercles restreints comme le monde réel.

De là naît une vision du monde décalée d'où émanent des projets non moins décalés. Les dirigeants adulés par ceux et celles qui composent les cercles, s'imaginent adulés par le monde entier et peuvent vite se considérés comme supérieurs, et peuvent même invoquer "l'appel du peuple" pour briguer une place ou une candidature.

Cette logique institutionnelle poussée à l’extrême ne fait que développer et surdimensionner des égos déjà fortement démesurés

Faire face à cette logique est un impératif. Un des moyens d'y faire face c'est de se décaler, de sortir du cercle, d'aller à la rencontre de ceux et de celles qui font l'organisation au quotidien, de ceux et celles pour lesquels l'organisation est censée travailler et agir. Bref, il faut lutter contre l'entre-soi.

Personnellement je fais l'hypothèse que ce sont ces logiques institutionnelles de "courants" qui se sont progressivement émancipées des raisons mêmes de l'existence du Parti Socialiste, et ont produit de l'éclatement et de la division. Les candidatures de Hamon et de Montebourg, ne sont à mon avis que l'expression "d'entre-soi", organisé dans des cercles restreints sur les décombres d'un Parti Socialiste dépassé, sans adhérents autres que les élus, incapable d'organiser les débat en son sein.

Ces candidatures plutôt que de faire naître l'espoir, concourent à repousser le nécessaire travail de redéfinition, de rénovation, de transformation de la place et du rôle d'un parti progressiste dans une société elle-même en pleine transformation et en plein doute sur son avenir.

Gaby BONNAND

Tag(s) : #Hamon, #Montebourg, #politique