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Après un régime « sans médias » de quelques jours, j’ai acheté ce matin Libé. Il y a plus de 8 jours que je n’avais pas acheté un journal, autant de jours que je n’ai pas regardé la Télé. Quelques clics sur le portable, sans plus.

Cet interlude me semble avoir été à la fois court et long.

Court, car à lire Libé et d’autres journaux ce matin, je n’ai pas l’impression d’avoir manqué grand-chose, tant l’actualité d’aujourd’hui ressemble à celle de la semaine dernière.

Long, car j’ai le sentiment de ne pas réagir au « quart de tour », et de lire les articles avec un peu plus de distance.

Que retenir de l’actu ?

Le sujet dont tout le monde parle ce matin, c’est le Burkini. C’est la UNE de Libé. Une nouvelle affaire symptomatique de nos difficiles débats sur la laïcité, la place des religions dans l’espace public, la liberté d’expression. Comme le dit Joffrin dans son Edito de ce matin, « le port d’un vêtement qui couvre soigneusement toutes les parties du corps de la femme, y compris pour les bains de mer », n’est certainement pas un « vecteur de l’émancipation féminine ». Axel Khan dit à peu près la même chose sur son Blog le 17 août. Tous deux ne se disant pas naïf sur le Symbole que peut représenter cette tenue, ils considèrent que les décisions d’interdictions prises par quelques maires, ne font qu’ajouter de la confusion à la confusion, stigmatisant encore une fois les musulmans, pour l’un et cachant une incapacité pour l’autre à condamner l’ensemble des règles « qui attentent dans les faits à l’égalité entre tous les êtres, chez nous, bien sûr, mais aussi quels que soient les pays où elles sont imposées et nos liens géostratégiques avec eux ».

Je souscris totalement à leur propos. Mais tout le monde n’est pas d’accord. Dans le même Libé de ce matin, Aalam WASSEF, éditeur et artiste égyptien lui, soutient la position du maire de Cannes, considérant que « c’est le signe que nous n’avons pas peur de dire qu’Islam et wahhabisme sont deux choses radicalement distinctes, et que le second menace le premier depuis plus de deux siècles ».

Sur le même sujet Jean Baubérot, fondateur de la sociologie de la laïcité pose la question de savoir où l’on met « la frontière entre les amis et les ennemis de la république », rappelant à bon escient que suite au massacre de Nice et le meurtre du père Hamel, « des femmes en foulard ont manifesté contre les auteurs des attentats », rappelant par-là que la confusion, faite par un certain nombre de responsables politiques de droite, entre terrorisme et Islam est une aberration. Pire cette confusion est voulue pour réanimer un débat sur l’incompatibilité de l’Islam avec la République.

Débat qui n’est pas sans rappeler celui de la fin du XIX° siècle comme le rappelle Michel Wieviorka, dans une des pages « IDEES » du même Libé du 17 Août (1). A cette époque, rappelle l’auteur qui revient dans son article sur le processus du dialogue interreligieux qui a connu un nouvel essor, le conflit « opposant la droite chrétienne et républicains laïcs, aboutissant à la loi de1905 de séparation de l’Eglise et de l’Etat » se superposait à un autre conflit « Dreyfusards, essentiellement « républicains ouverts à la laïcité » / Antidreyfusards, principalement « chrétiens, hostiles aux lois républicaines et antisémites ». Pointant que « les problèmes sociaux non résolus » aujourd’hui comme hier, servant de motifs aux actes terroristes, Michel Wieviorka indique que le terrorisme vient aujourd’hui comme hier « amplifier les autres clivages » de la société. Clivage qui se fait jour actuellement, entre

  • D’un côté « ceux qui considèrent qu’un islam fort, structuré, mobilisé, actif et visible, mais aussi pleinement reconnu par les autorité françaises, est la meilleur antidote à l’islamisme radical ».
  • D’un autre ceux qui pensent « qu’il n’est pas possible de distinguer entièrement islamisme et islam, que plus l’islam acquiert visibilité et fait preuve de dynamisme, plus il représente un danger pour la France, ses valeurs nationales, laïques et républicaines et sa sécurité ».

Le débat n’est pas clos et c’est certain que l’approche de l'élection présidentielle, va exacerbée ces différences d’approche, sans chercher, et c’est bien dommage à faire progresser le débat par « la tolérance, l’ouverture d’esprit, le respect de la loi et du droit »

Que retenir d’autres dans cette reprise de contact avec l’actualité à partir de Libé ?

La candidature de Benoit HAMON à la primaire de la gauche et de ces alliés. Il dit vouloir gagner la primaire. Rien de plus légitime pour un candidat que de vouloir gagner. Par contre, ses ambitions me semblent un peu faibles. Quand il dit que Hollande « ne pourra pas rétablir la confiance qu’il a perdue », alors que lui dit avoir « les capacités à parler avec les communistes et les écologistes, que François Hollande n’a plus », il serait urgent de dire à Benoit HAMON, que parler avec les communistes et les écologistes, même s’allier avec eux, c’est loin de faire une majorité de gauche. Il faut vite rappeler à Benoit Hamon que les communistes alliés au Parti de Gauche ont obtenu 11,10% à l’élection présidentielle de 2002 et les écologistes, 1,79%. Voilà pourquoi, Benoit HAMON Manque vraiment d’ambition.

Trêve de plaisanterie, le chemin pris pour construire la primaire à gauche, semble être le chemin d’un concours de beauté, ou plutôt d’un concours de Coqs. Pas sûr que la gauche que tous les candidats veulent rassembler autour de leur personne et de personne d’autre, crée les conditions d’être un acteur politique qui compte lors du Second tour des élections présidentielles.

Quand je vous disais que 8 jours sans lire les journaux ne constitue en aucun cas un handicap pour comprendre la situation catastrophique que vit la gauche.

(1) http://www.liberation.fr/debats/2016/08/16/vers-une-deuxieme-guerre-des-deux-france_1472807

Tag(s) : #Burkini, #Benoit HAMON, #Actu