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Les réseaux sociaux ne sont pas tendres avec François Fillon et son épouse Pénélope. La violence des propos est parfois surprenante. Voilà qu’une femme inconnue du grand public il y a encore quelques jours, se trouve être la personne qui concentre avec son mari, le plus de quolibets, de sarcasmes, avec un degré de violence verbale impressionnant.

Cette violence est probablement révélatrice du choc des egos qui règne au sein de la droite et du climat de violence que ce choc génère.

Mais elle est révélatrice également de la violence ressentie par de nombreuses personnes, dans des propos de François Fillon durant sa campagne. Une violence certes, moins ciblée sur des personnes concrètes, mais des propos violents ressentis comme très personnelles par les individus concernés.

En contact avec des personnes touchées

  • par la précarité,
  • par des fins de mois difficiles,
  • par des innombrables réponses négatives à des demandes d’embauches,
  • par la lenteur de certaines administrations à verser des indemnités pourtant dues,
  • par des décisions insupportables d'administrations qui condamnent des personnes à être sans revenus, coincés qu’ils sont entre une décision de la Sécu qui les prétend apte au travail, une notification d’inaptitude à certains postes  par le médecin du travail et un employeur qui, ni ne propose un poste, ni ne licencie,
  • ...,

J’avoue bien franchement que je comprends la violence de certains propos et parfois j’aurais envie de répondre aussi violemment.

Je sais par contre que la violence ne peut être une réponse à la violence. En tout cas elle ne peut servir de réponse collective au sentiment d’injustice ressentis au travers de propos d’hommes ou de femme politiques.

Sans être dupe de l’instrumentalisation de ce dossier, probablement orchestrée par des adversaires de Fillon à l’intérieur de son propre camp, il est pour le moins surprenant que Fillon ne se défende uniquement sur le plan légal.

Les gens se foutent de savoir si les pratiques de Fillon (non pas l’embauche de membres de sa famille, mais le traitement spécifiquement avantageux dont ceux-ci bénéficient), sont légales ou pas légales. Ils se foutent de savoir s’il y a eu un contrat de travail ou pas et même de savoir si ce travail a été réel.

Quand bien même ce travail aurait été réel, il est insupportable d’entendre quelqu’un déclarer au cours de la campagne « Il y a injustice sociale entre ceux qui travaillent dur pour peu et ceux qui ne travaillent pas et reçoivent de l’argent public », et ne pas se rendre compte que ce qui est choquant, ce n’est pas le caractère légal ou pas, mais qu’il pratique envers ses proches ce qu’il reproche à des citoyens honnêtes. Le discrédit est total.

Cette nouvelle affaire met en lumière le décalage entre les paroles et les actes. Elle montre le chemin à parcourir pour moderniser la vie politique, la débarrasser de tous ce qui éloignent les responsables politiques de la vie vécue au quotidien par leurs concitoyens.

Ce décalage ne concerne pas seulement les Politiques. Je pense notamment aux revenus de dirigeants de grandes entreprises qui sont d'une violence inouïe au regard de situations de pauvreté, de précarité vécues par de nombreux hommes et femmes de notre pays.

Il ne s’agit pas de faire de la démagogie, mais seulement de prendre conscience un peu plus fortement que le sentiment d’humiliation ressenti par les individus peut être terrible pour ceux qui se prêtent au jeu de l’humiliation. Ceci ne serait pas très grave si au-delà, ce sentiment ne nourrissait pas un climat de haine en direction de tout responsable politique, social, associatif, économique…, bref de la haine envers la démocratie.

 

Gaby BONNAND

Tag(s) : #Billet d'humeur, #Démocratie, #politique

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