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Le premier tour terminé, le travail a déjà commencé pour le 2° tour et les législatives. Emmanuel Macron a éliminé François Fillon ce dimanche. Le 7 Mai tout doit être fait pour qu’il élimine Marine Le Pen.

C’est la première urgence, et il est heureux que le Parti Socialiste, au contraire des Républicains ait à ‘unanimité appelé à voter Emmanuel Macron.

Jean Luc Mélenchon n’a pas encore appelé à voter Macron, se réfugiant derrière un mandat qui ne lui aurait pas été donné par ses militants. Curieuse attitude de celui qui nous avait habitués à la culture du chef. Cette attitude est révélatrice d’une conception surprenante de la démocratie. Jean Luc Mélenchon ne supporte pas son résultat. Pour lui, il aurait dû être qualifié pour le second tour. S’il ne l’est pas, ce n’est pas de sa faute. Ce sont les autres. Probablement, les médias, les banquiers, les traîtres de tout bord. Jean Luc Mélenchon s’est laissé enivrer par la ferveur de ses meetings qui battaient tous les records de participation, remplis de gens qui trop souvent, le vénéraient comme un chef révolutionnaire. Les meetings, leur organisation, leur mise en scène font partis d’un processus qui peut conduire à l’enfermement, à l’entêtement, à la négation de la réalité et à l’autoritarisme.

Mais Mélenchon n’est en rien possesseur des voix qui se sont portées sur lui, et nombreux sont les électrices et les électeurs qui eux savent faire la différence entre Macron et Le Pen.

Ils ont appris ou se souviennent de ce qu'a fait l’extrême droite, de la France et de ses enfants, la dernière fois que le pouvoir lui a été remis par une majorité de parlementaires. Ils ont appris ou se souviennent que le Front National a été créé par des collabos et des anciens du régime de vichy et rejoins par des nostalgiques de l'OAS. Ils ont entendu Marine Le Pen se revendiquer de cette filiation par sa déclaration sur la rafle du Vel-d'hiv.

Après le second tour, il y aura les législatives. Il est à craindre que l’unanimité qui est celle du PS aujourd’hui pour soutenir Macron, fasse long feu.

On sent les manœuvres d’appareil, domaine d’excellence du Parti Socialiste, repartir de plus belle et les combats de coqs poindre pour la conquête du Parti ou du moins ce qui en reste. A cent mille lieux des préoccupations des français.

Pourtant les choses sont simples :

Premièrement, si le clivage Droite / Gauche ne peut servir d'unique registre pour réfléchir et trouver les voies pour répondre au mieux aux défis à relever, ce clivage est encore pertinent sur de nombreuses questions. Je parle de la gauche réformatrice et progressiste.

  • Il a de la pertinence sur la place du marché dans l’économie.
  • Il a de la pertinence sur les questions sociales et notamment sur la place des corps intermédiaires dans la construction de l’intérêt général.
  • Il a de la pertinence concernant la solidarité et la protection sociale, notamment la place de l’assistance comme élément fondamental de cette dernière.

Deuxièmement, dans la perspective de la victoire d’Emmanuel Macron, il faudra à ce dernier une majorité pour gouverner. La gauche réformatrice et progressiste doit en être.

Troisièmement, il faut organiser cette gauche pour qu’elle aille aux législatives de manière cohérente, porteuse de sa spécificité et en adéquation avec le choix qu’elle a fait de soutenir Macron au second tour.

Quatrièmement, il faut choisir un chef de fil à cette gauche capable d’emmener un nombre de députés suffisamment important à l'Assemblée Nationale, pour que cette sensibilité se fasse entendre dans la nouvelle majorité qui sera une alliance de plusieurs forces. Pour ce choix, les choses sont claires :

  • Cambadélis, actuel Premier Secrétaire n’est pas en situation de conduire la campagne législative. Il a conduit le Parti à la déroute
  • Hamon, le candidat de la « belle alliance populaire » vient de subir un échec retentissant au premier tour. Il n’est pas qualifié pour conduire la campagne des législatives.
  • Valls, premier ministre candidat à la primaire, battu par Hamon n’est pas lui non plus qualifié pour conduire la campagne.

Un seul peut conduire cette gauche capable de participer à une majorité gouvernementale dans le cadre d’une alliance ou d’un contrat de projet gouvernemental. Cet Homme c’est Bernard Cazeneuve. Cette hypothèse a été évoquée par Marisol Touraine, le soir du premier tour, sur la chaine LCP et par Stéphane Le Foll, en début de matinée du 24 avril. Il est le premier Ministre. Il conduit la majorité présidentielle. Il a une autorité qui le désigne naturellement pour la campagne des législatives.

Pour ne pas ajouter la honte au désastre, les 3 disqualifiés feraient bien de se mettre à l’écart tout de suite et la direction du Parti de désigner rapidement Bernard Cazeneuve.

Gaby BONNAND

Tag(s) : #Démocratie, #élection présidentielle, #politique

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