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Parlant de Marine Le Pen et de son attitude durant le débat télévisé d’entre les 2 tours de la présidentielle, le Huffington Post de ce jeudi 4 mai 2017 dit « Elle a pris le parti de piétiner tout ce qui était attendu d’un aspirant à la magistrature suprême… ». Il me semble qu’elle a piétiné plus que cela. Elle a piétiné la Démocratie.

Ce qui me désole c’est qu’hier soir, sur les chaines d’info en continu, les débriefes ne se sont pas attardés sur cet événement essentiel, que constitue le piétinement de la démocratie et la bataille proprement menée par celui qui n’a cessé de faire face aux assauts antidémocratiques de la candidate du FN.

Tous les commentateurs, à quelques exceptions près, rivalisaient d’arguments pour faire comme si ce débat aurait dû être comme les autres débats que notre 5° république a connu au cours de ses presque 60 ans d’histoire, pour conclure que ce débat n’a rien apporté.

C’est Faux et déjà, les sondages d’après débat montrent le décalage entre ces commentaires et les citoyens français. Ces commentateurs n'ont pas compris que nous n'étions pas dans le cas de figure d'un débat programmatique, mais dans un débat entre une vision Démocratique de l’avenir et une vision Fascisante.

En effet, il nous faut nommer les choses. Quand une candidate verse autant de haine, profère autant de mensonges, manie autant l’arrogance et finalement laisse apparaître sa vraie nature de femme politique qui s’inscrit son nom dans l’histoire d’un Parti d’extrême droite créé par des collabos et des anciens du régime de vichy, rejoins par des nostalgiques de l'OAS, c’est la preuve que le candidat de la démocratie a été plutôt bon.

Oui, contre ce comportement fascisant, le candidat de la Démocratie a fait son travail, voir du bon travail.

Hier soir je n’ai pas adhéré au programme de Macron. Ce n’était pas l’enjeu du débat. J’ai renouvelé mon adhésion à la Démocratie.

 

Certes, les commentateurs de ces chaines avaient des raisons d’être déçus, comme le sont des commentateurs sportifs après un match décevant. Le spectacle n’était pas beau. Mais qui pouvait croire à du beau spectacle quand un des candidats n’a que la haine, le mensonge, l’invective, l’arrogance, le racisme, la xénophobie, comme programme ?

Beaucoup de monde s’est en fait habitué au Front National.

Parce que notre système démocratique permet au FN de s'exprimer dans l'espace public, une partie du microcosme médiatique en a conclu que ce parti est un parti démocratique, comme les autres.

Ils découvrent avec stupéfaction que Le Pen est vulgaire, agressive, mensongère, sans programme.... Mais la grande majorité des intervenants sur les chaines d’info en continu, d’après débat, n’en n’ont pas tiré la conclusion que ce débat avait été essentiel pour montrer la différence entre un candidat démocrate et une candidate fascisante. Non, certain ont été jusqu’à renvoyer sur les 2 candidats, la responsabilité du mauvais spectacle.

Nous ne sommes pas dans un match de foot. Dans ce sport, lorsque le spectacle est mauvais, c’est rarement de la faute que d’une équipe. Mais il y a des conditions objectives pour le dire. Quand 2 équipes de foot s’affrontent, elles jouent sur le même terrain et pratiquent le même sport.

Dans le « match » qui opposait Macron et Le Pen, le terrain n’était pas le même. Marine Le Pen a choisi de quitter le terrain de la Démocratie pour celui de l’anti-démocratie. Le sport pratiqué n’était pas le même. Marine Le Pen a choisi de pratiquer l’invective, la haine et le mensonge.

Alors oui, sur le registre dans lequel se situait ce débat : Démocratie contre régime fascisant, Macron a été bon, voire très bon.

Problème : les commentateurs n'ont pas vu que le débat se situait sur ce registre.

Ce 3 Mai 2017 restera dans l’histoire comme une date où un candidat, indépendamment de son programme, a fait œuvre utile pour la démocratie, tandis que les chaines d’info en continu, dans leur grande majorité, ont contribué à encore banaliser le FN, en le considérant comme un parti comme un autre.


Cette absence de discernement abaisse le niveau du débat politique et constitue pour ma part une faute politique majeure.

Heureusement toute la presse n’est pas comme cela.

Gaby BONNAND.

Tag(s) : #Démocratie, #élection présidentielle, #politique

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