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L'acte qu'a posé le Président Macron, en venant en début de mandat et avant la déclaration de politique générale du Premier Ministre, est un acte important de refondation Politique.

Par l'acte lui-même, le Président de la République réintègre le débat dans le lieu premier où il doit avoir lieu, le parlement réunit en assemblées ou en congrès.

Par cet acte, il rend visible les dérives dans lesquelles notre démocratie s'était quelque peu fourvoyée, par « oubli du Cap », et dont se sont rendus complices, responsables politiques et médias télévisés notamment.

Cet acte dérange et avant même que le Président ne prononce son discours, les critiques ont fusé contre cette initiative qui « humiliait le Premier Ministre », selon les uns, était le signe d’une « dérive bonapartiste » pour les autres, et pour d’autres encore ne pouvait se résumer qu’à une « opération de communication ».

En donnant de la solennité à cet acte fort, le Président envoie plusieurs messages :

  • Il donne à voir que ce sont dans les assemblées où siègent les élus de la république, que doivent d’abord avoir lieu les débats, utiles à l’action de transformation conduite par les responsables politiques.
  • Il rend visible les jeux de rôle, les postures dans lesquelles les uns et les autres se sont installés avec plus ou moins de conscience, du fait d'un fonctionnement institutionnel et médiatique, peu irrigué par le sens de l’action politique.
  • Il rappelle que ce ne sont pas les médias qui doivent être les chefs d’orchestre du débat politique, mais ceux qui en ont reçu mandat par l’élection. Sans pour autant museler les médias, mais en les remettant à leur vraie place, il redonne le pouvoir au Politique.  
  • Il rappelle par un contenu politique puissant de son discours, que la politique c’est autre chose que les petites phrases péchées d’ici - de là, dans les émissions radio et télé du WE, alimentant et faisant vivre de nombreux commentateurs.
  • Il Concrétise par l’acte de s’adresser aux élus du pays et par le contenu de son discours, un lien entre une campagne présidentielle et l’exercice du pouvoir qu’il entend mettre en œuvre. Ainsi, s’il rompt avec l’idée que "les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent", il affiche également que son action à venir ne pourra pas s’évaluer au regard de quelques petites phrases de campagne choisies par la sphère médiatique, mais devra l’être au regard des engagements pris devant le congrès, car c’est un homme élu qui tient le propos et pas un simple candidat.
  • Il redonne du sens aux institutions en donnant à voir que la politique c’est d’abord la définition d’un Cap. Cap qu’il a proposé dans la campagne et qu’il se doit d’exposer et d’expliciter une fois élu, avant que le Premier Ministre ne développe les actions et les moyens d’y parvenir. En clair le Président Macron rappelle qu’il n’y a pas en politique d’action sans pensée, sans Cap, mais qu’il n’y a pas non plus de pensée, de Cap à tenir, sans action.

Les réactions qui ont suivi l’intervention du Président, qu’elles aient eu lieu dans l’hémicycle du congrès, aux micros des journalistes ou sur les plateaux de télévisions, ont largement révélé une classe politique ancienne très résistante au changement, très résistante aux profondes modifications des postures que la responsabilité politique exige.

A cette résistance au changement dans l’hémicycle s’ajoute une résistance qui s’est exprimée, lors du discours du Président, à l’extérieur de l’hémicycle par des élus de la république qui ont, par ce geste, manifesté leur volonté de remettre en cause la démocratie représentative.

Certes la démocratie représentative doit être améliorée, complétée, amendée par des formes d’expression citoyenne. Mais attention n’oublions pas que c’est par la contestation de la démocratie formelle et sa remise en cause totale, en l’opposant à la démocratie directe que des dictatures se sont mise en place à l’est de l’Europe.

Le combat qui se profile est de deux ordres pour ceux et celles qui sont attachés à notre modèle de démocratie :

Nous aurons à mener des confrontations et des bagarres sur le contenu des réformes. Je pense notamment à celle sur le code du travail, par laquelle des forces ultra libérales pourraient être tentées d’introduire de la démocratie directe dans les entreprises, non pas pour compléter la démocratie représentative, comme c’est le cas avec la loi El Khomri, mais pour s’en prendre aux organisations syndicales et les contourner. Ces confrontations, des débats devront se conduire dans le cadre de nos institutions auxquelles le Président vient de redonner du sens.

Nous aurons à conduire  un débat idéologique, philosophique et politique contre les tentatives de remise en cause de la démocratie représentative, conduite par la France Insoumise et son chef charismatique Jean Luc Mélenchon.

Bien sûr, nombreux sont ceux qui vont me dire que j’exagère, que je suis plus indulgent avec un Macron qui impose un management d’entreprise au pays, qu’avec un Mélenchon qui finalement, pose les bonnes questions.

Bien sûr, un pays n’est pas une entreprise. Conduire la politique d’un pays ce n’est pas gérer une entreprise. Certes, mais exercer son devoir de vigilance, n’oblige pas pour le mettre en œuvre, une attitude de défiance à priori.

Par contre la remise en cause de la démocratie représentative telle qu’elle s’exprime dans l’espace public par Mélenchon doit être combattue sans réserve. Ce n’est pas de la défiance à priori, c’est un combat contre une réalité. On peut être en désaccord, mais on ne peut pas être dans une attitude de tiédeur coupable.

Gaby BONNAND

Tag(s) : #Politique, #Démocratie, #République

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