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Avertissement: Cet article est une fiction qui scénarise la France en 2037, 20 ans après l'élection d'Emmanuel MACRON à la présidence de la République

La nouvelle Présidente élue en Mai 2037 qui a succédé à celle qui a conduit le pays durant 10 sur le chemin de la transformation profonde du pays, aborde la rentrée de septembre dans un climat plutôt serein.

Issue comme sa prédécesseure de la société civile, elle a œuvré pour structurer le mouvement social qui avait porté au pouvoir la précédente Présidente, en inventant une nouvelle social-démocratie. C’est tout naturellement et sans grande difficulté qu’elle a été élue à la Présidence de la République 20 ans après que les français eurent élus le plus jeune Président de la cinquième république, en la personne d’Emmanuel MACRON. Le déclin voir la dégénérescence des partis politiques et de la perte de confiance envers les responsables politiques avait largement contribué à sa victoire.  

Ce qui frappe aujourd’hui lorsqu’on regarde la France 20 ans après cette élection, c’est le dynamisme de l’ensemble de ses territoires dans le domaine économique et social.

La décentralisation qui a donné des espaces d’autonomie et des moyens aux Régions et Communauté d’Agglo et de Communes s’est accélérée et a largement contribué à soutenir ce dynamisme. Il n’est qu’à voir le nombre d’acteurs qui ont émergé, se sont développés et organisés pour répondre aux besoins divers des populations sans attendre que l’Etat ou les grosses entreprises décident ce qui est bon pour l’économie et les individus. Dans de nombreux domaines, comme les transports, le système de soins, la gestion de l’eau, l’énergie, la consommation, l’habitat et le logement, l’environnement, le traitement des déchets, les services à l’enfance comme aux personnes âgées…, des initiatives sont nées et sont sorties véritablement du bricolage et constituent aujourd’hui de vraies colonnes vertébrales d’un système économique et social des territoires

La révolution numérique qui a commencé dans les années 2000, a totalement révolutionné les systèmes économiques. Les espaces de coworking font partis du paysage et constituent une pièce maîtresse de cette nouvelle économie. Ils permettent à la fois de répondre à une volonté très forte d’indépendance de certains créateurs d’entreprise tout en créant les conditions de mutualisations multiples entre professions concernées par des projets communs ou pas d’ailleurs. Soulignons également la multiplication des pépinières d’entreprises ou autres incubateurs qui sont autant de moyens permettant l’accompagnement et le soutient à la création ou au développement d’activités

Si nous comparons la situation que nous vivons aujourd’hui avec celle que nous connaissions il y a 20 ans, nous pouvons constater que l’architecture de l’économie n’est plus la même. Les quelques grandes entreprises industrielles qui structuraient encore l’économie sur les territoires, il y a 20 ans, ont pratiquement disparues ou se sont totalement transformées pour devenir des opérateurs travaillant en partenariat avec de multiples acteurs locaux, soient qu’ils ont intégrés soit indépendants. C’est le cas par exemple de l’industrie agroalimentaire. Les grands abattoirs n’existent plus ou presque. En effet, l’urgence des questions climatique et de pollution ces 2 dernières décennies a par exemple, accéléré le changement du modèle agricole en Bretagne. L’agriculture bio est devenue dominante et pour le reste nous sommes essentiellement sur un modèle d’agriculture raisonnée. Les ateliers de transformations se sont développés un peu partout au rythme du développement non moins important des circuits courts. Les grands abattoirs ne sont plus les « faire valoir » d’un modèle qui a misé sur la qualité.  

Le changement dans le domaine de l’automobile, est tout aussi important. L’organisation des villes et des aires urbaines, le développement des transports collectifs non polluants, ont largement contribué à un changement radical dans l’habitude et le comportement des individus. Ceux-ci sont de moins en moins propriétaires de voitures. Ils sont devenus utilisateurs en cas de besoins dans un environnement où les transports collectifs se sont développés fortement et où les alternatives à la voiture se sont multipliées avec le vélo et les voitures électriques en libre-service.

Cette nouvelle approche de la voiture a eu pour effet une forte diminution de la construction automobile pour le marché interne, accélérant la fermeture des grandes entreprises encore existantes. Par contre se sont développées de multiples petites unités de réparation, d’entretien et de contrôle de véhicules légers auprès des différentes stations, des espaces de location ou de covoiturage. Nous trouvons la même dynamique concernant le développement du simple vélo et du vélo assistance électrique. Ce secteur a d’ailleurs connu une croissance telle qu’aujourd’hui, la France est devenu un pays où ce secteur de construction et de maintenance de vélo, est devenu un secteur économique structurant, dans les territoires.

Un autre secteur a connu dans cette nouvelle configuration de l’économie, de grosses transformations, c’est le secteur de l’intermédiation dans les circuits de distribution. Les grands opérateurs de distribution qu’étaient Carrefour, Casino, Intermarché, Super U…, ont soit disparu soit changé de métier en devenant des plateformes organisant la relation producteurs/ consommateurs dans de nombreux domaines et notamment dans l’alimentaire et les biens de consommations courantes. La plupart des grands centres commerciaux à la périphérie des villes ont laissé place à des espaces très diversifiés dans leur utilisation : Station de voitures et vélo en libre-service, Parking de covoiturage, espace de coworking, parcs paysagers, pépinières d’entreprises…. Quant aux supérettes de quartier, elles sont devenues, pour un nombre important d’entre elles, des espaces dans lesquels s’organise la relation entre producteurs et consommateurs, soit dans une dynamique de circuits court, soit dans une relation intermédiée par la profession concernant les produits qui ne sont pas produit sur place. Dans cette relation intermédiée, les organisations professionnelles ont pris une place importante dans la régulation et ont trouvé un autre terrain d’existence que le lobbying.

Dans cette fonction d’intermédiaire et de régulation, les professions sont devenues essentielles pour organiser la relation producteurs/consommateurs pour les biens dont la fabrication n’est pas réalisée en France. Dans ce système, les exigences du commerce équitable ont été prises en compte, rompant ainsi avec la logique des gros opérateurs historiques de la distribution. Ces derniers  se sont soit reconvertis en proposant leur savoir-faire aux organisations professionnelles dans le domaine de la logistique, soit ils ont disparu.

Aujourd’hui, la France apparaît comme une mosaïque, où bien sûr les questions d’emploi sont encore présentes mais elles sont abordées autrement qu’il y a 20 ans. D’une part, le taux de chômage a largement baissé On doit être à ce jour entre 2 et 3%. Mais surtout la manière de rendre compte de cette situation a totalement changé. Les plus anciens se souviennent probablement des polémiques autour du calcul du taux de chômage il y a 20 ans et plus. Entre les calculs des différents organismes français d’une part et internationaux d’autre part, personne n’y comprenait plus rien et les partis politiques se déchiraient sur les interprétations de ces données. Aujourd’hui, en France, est considérée comme chômeur, la personne de moins de 64 ans qui n’a pas un travail (quel que soit son statut) dont le revenu qu’il en retire, n’atteint pas le Revenu Minimum Garanti (Le RMG a remplacé le SMIC en fin des années 20), qui est à ce jour fixé à 2100 Euros.  

En cette fin d’années 2037, la France se trouve dans une situation économique et sociale que l’on peut qualifier de dynamique. La population active est composée majoritairement de salariés qui travaillent le plus souvent dans des petites unités, soit indépendantes soit appartenant à des groupes, essentiellement des plateformes. Le nombre de travailleurs qui tirent leur revenu d’un travail sous un statut autre que celui de salarié, a connu une forte progression puisque aujourd’hui on en compte 22% contre 12% au milieu des années 2010. Mais dans cette catégorie de non-salariés, on trouve une myriade de statuts. Les indépendants, dont la protection sociale  s’est beaucoup améliorée du fait d’un système de protection sociale complètement refondé, sur lequel je reviendrais un peu plus loin, sont nombreux. Mais on trouve dans cette catégorie, tous les dirigeants associatifs et ceux des coopératives, des entrepreneurs individuels qui ont un statut hybride entre salariat et non salariat et dont la protection s’est aussi améliorée pour les même raisons que les précédents.

Ce qui caractérise également ce dynamisme c’est la multiplication des statuts des acteurs économiques. L’entreprise capitalistique côtoie l’entreprise familiale, l’entreprise individuelle, l’entreprise coopérative ou associative. Tout ce monde collabore et le débat économique a totalement changé dans l’espace public. Ce qui est central dans le débat public, ce sont les questions relatives aux besoins des populations et à la manière dont ils sont pris en charge. On n’est plus dans le débat binaire et caricatural qui occupait encore l’espace public il y a 15-20 ans, et qui consistait à opposer emploi et rentabilité des entreprises. A cette époque, les besoins des populations et la manière dont on y répondait étaient complètement occultés. Pour les uns, le but de l’entreprise c’était de faire du profit « point barre » et pour les autres c’était de créer des emplois. Les questions relatives aux besoins des populations et à la manière d’y répondre étaient absentes du débat. 

Dans la description de cette situation économique et sociale de la France reste à dire quelques mots sur la situation sociale des individus et notamment sur leur protection sociale.  Le système de protection sociale avait fortement évolué. La CSG non progressive a complètement remplacé les cotisations assises sur les seuls salaires et est affectée au financement de la santé, de la politique familiale, des aides au logement, aux services à l’enfance ainsi qu’aux prestations et services liées au grand âge et à la dépendance. Cette CSG finance également une prestation qui n’existait pas il y a 20 ans. C’est une prestation qui s’est construit lentement durant ces 20 dernières années. Elle a remplacé l’assurance chômage et tous les dispositifs de minimas sociaux. Aujourd’hui, ce nouveau système permet à toute personne de moins de 64 ans, sans emploi ou dans un travail ne permettant pas de toucher un revenu égal au RMG, d’être indemnisée. Cette prestation est universelle et est égale à 75% du RMG.

Quant au système de retraite, la très longue transformation qui a démarré à la fin du siècle précédent, vient d’aboutir à un système unifié de retraite, reposant toujours sur des cotisations mais calculé en points.

Ce format du système de protection sociale, s’inscrit dans une histoire durant laquelle la question des inégalités a été centrale dans le débat de la fin des années 10 et du début des années 20. Tellement centrale que les questions de fiscalités, en France, mais dans toute l’Europe ont été remises sur le tapis et provoqué des changements. Si le dernier mandat de Emmanuel MACRON avait été l’occasion de faire quelque replâtrage, la nouvelle Présidente issue d’un mouvement beaucoup plus large que celui qui avait amené MACRON au pouvoir, mais qui comme ce dernier était issu de la société civile (j’y reviendrais) a entamé son mandat de 2027 par une réforme fiscale qui avait largement été débattue au cours de la campagne et qui a posé les bases du système que nous connaissons aujourd’hui. Les ressources de la nation (Etat, Système de Protection sociale et Régions) reposent sur des ressources structurantes pour chacun des acteurs. L’impôt progressif assis sur l’ensemble des revenus distribués (revenus salariaux, revenus immobiliers, revenu du capital et revenu du patrimoine) est devenu la ressource structurante du budget de l’Etat. La CSG non progressive est devenue la ressource structurante pour le financement de la Protection sociale. Les ressources des régions reposent quant à elles sur 2 impôts : l’impôt foncier et l’impôt sur les sociétés ou plus exactement sur l’activité économique. Afin de ne pas créer ou pérenniser des inégalités entre territoires, des bases d’impositions obéissent à des règles définies par le parlement.

Cela ne veut pas dire que la TVA n’existe plus. Elle existe toujours, profondément remodifiée en harmonie avec les décisions européennes. Mais elle ne pèse plus essentiellement, comme il y a 20 ans sur la consommation de biens essentiels répondant aux besoins primaires des populations mais d’avantage sur les produits à hautes valeurs ajoutées, les produits importés et les produits de luxe. Elle vient alimenter le budget de l’Etat.

Concernant la Protection sociale, à côté de la CSG, d’autres ressources y sont affectées.  Comme dit plus haut, les cotisations alimentent le régime de retraite. Par ailleurs des systèmes de protection sociale complémentaires obligatoires ayant pour objet de compléter la protection sociale générale, par une prise en compte des spécificités territoriales et professionnelles, sont alimentés par des cotisations. Alimentant un dialogue social professionnel et territorial sur les spécificités à prendre en compte, cette protection complémentaire répond à des règles strictes non pas en terme de réglementation mais en terme d’objectifs et des résultats.

Comprendre la situation que nous vivons aujourd’hui nécessite de revenir sur l’histoire de ces 20 dernières années.
L’élection de Macron en 2017, marque de mon point de vue un tournant dans la vie politique française. En effet de cette élection est sorti un président soutenu par aucun des partis politiques qui avaient structuré la vie politique depuis l'après-guerre.

Le pari de ce jeune ministre qui avait démissionné du gouvernement pour se lancer seul dans ce que l’on peut appeler une refondation, était risqué. D’autant plus risqué que dans le cadre des institutions de l’époque, si la victoire à l’élection présidentielle pouvait apparaître possible, la victoire d’une majorité parlementaire pour les législatives, absolument nécessaire pour tenir les promesses de campagne, semblait très difficile, tant sa démarche qui avait suscité des oppositions de tout bord, contournait les Partis politiques.

Mais il a su casser les codes qui avaient jusqu’ici présidé aux constitutions de majorité, qui consistaient à créer des alliances avec d’autres Partis. En moins d’un an, il a su construire une dynamique et un mouvement qui lui a permis de gagner l’élection présidentielle et de créer les conditions d’une majorité parlementaire, en mobilisant des forces vives de la société civile, notamment dans les couches moyennes et entrepreneuriales, relativement absentes dans l’espace du débat politique et public de l’époque. Ce faisant il a accéléré le dépérissement des Partis traditionnels et accéléré la transformation du pays rendu nécessaire par les évolutions socio-économiques. 

L'élection de Macron, et ses 2 mandats ont été déterminantes dans l’explication de la situation que nous vivons aujourd’hui. Que les politiques conduites aient été justes ou pas, qu'elles aient été bonnes ou pas, n'est pas la question. Seule m'intéresse, dans cette partie, en quoi elles ont été déterminantes au regard de la situation d’aujourd’hui. Car oui je considère que l’élection de Macron et ses 2 mandats ont été déterminants

Déterminant, le choc provoqué par la première élection de Macron. Il a généré une prise de conscience que la politique n'était pas réservée aux « professionnels ». Macron avait réussi à l'époque à la fois à gagner la présidentielle et à faire naître un mouvement devenu le Parti Politique structurant sa majorité parlementaire et cela en moins d’un an.

Déterminant parce que cette prise de conscience s'est étendue à d'autres acteurs de la société civile que les classes moyennes entrepreneuriales qu'avait su capter Macron. C'est cette prise de conscience qui a permis en 2027, l’élection à la présidence de la république d’une femme qui a, comme Macron, réussi à capter une partie importante de la société civile, mais de manière plus large, plus représentative que celle qui avait constitué la base du rassemblement de Macron.

Déterminant, le contenu controversé de la réforme du code du travail dont les effets n’ont pas été forcément ceux escomptés. La réforme déséquilibrée qui avait quelque peu marginalisé le syndicat dans les petites entreprises a produit dans les faits tout le contraire. La volonté patronale, dans de nombreuses entreprises, d'utiliser les mesures nouvelles  pour faire valider des décisions unilatérales, s'était heurtée  à la maturité d’un salariat qui dans la plupart des cas a su s’organiser collectivement. La CFDT qui était l'organisation la plus préparée en a tiré les plus grands bénéfices, après une période difficile lors de la publication des ordonnances qui avaient fait la part belle aux revendications patronales.

Déterminant, la réforme controversée du Compte Personnel de la Prévention de la Pénibilité qui a créé les conditions d’un front syndical pour une plus grande prise en compte de la pénibilité au travail et dynamisé les politiques de prévention. Il faut dire que le scandale suscité par l’explosion des cancers professionnels liés à une exposition aux produits chimiques a servi d’accélérateur à la mobilisation. Mobilisation qui a payé puisque de celle-ci  est née une loi qui a élargi les facteurs de risque à faire entrer dans le C3P que Macron avait réduit lors de sa réforme de 2017.

Déterminant, la réforme de l’assurance chômage qui a créé les conditions d’un déverrouillage d’un système qui datait de la période où l’industrie dominait l’économie, et d’avancer progressivement vers le système que nous connaissons aujourd’hui dont j’ai fait état plus haut.

Déterminant, la conjonction entre d'une part les politiques économiques très libérales,  les maladresses, les erreurs de diagnostics, la volonté assumée de provocation de la part du président Macron, et d'autre part, le rejet massif par l’opinion d'une  opposition radicale et stérile portée à l'époque par la France Insoumise et son leader Mélenchon. Ce faisceau de situations contradictoires et complexes est à l’origine du développement d’un mouvement citoyen de type nouveau.

Ce mouvement a mis au cœur de sa dynamique, la réponse à des besoins par des réalisations concrètes. Non seulement ce mouvement conteste quand il le faut, approuve à d'autres occasions, propose à d'autres moments, mais agit concrètement pour soutenir toutes les initiatives qui visent à répondre à des besoins précis dans tous les domaines qui concernent la vie des gens, que ce soit la santé, les transports, l’habitat, l’énergie, l’eau, de l’alimentation, le traitement des déchets.... Devant l’incapacité des acteurs traditionnels en place que sont les entreprises, l’Etat, les collectivités territoriales à faire face aux situations des individus dans tous ces domaines, ce mouvement avait encouragé les initiatives concrètes réunissant usagers, citoyens, professionnels, tous les acteurs permettant de construire des réponses pertinentes au niveau où les questions se posaient.

Ce mouvement suscite une forte adhésion en rendant plus positif le combat politique et social. Le mouvement de dénonciation servant un discours radical d’un monde idéal imaginé en dehors de toute réalité concrète avait connu son heure de gloire avec Mélenchon et sa tentative de devenir le seul opposant à Macron. Mais le caractère anxiogène, déprimant devant l’absence de résultat concret pour les individus avait fini par faire perdre de l’audience à ce mouvement qui est  devenu marginal. On trouve encore aujourd’hui des phénomènes de ce genre, très marginaux mais cependant toujours utile pour éviter un endormissement dangereux de la démocratie.

Par contre la progression et la forte audience du nouveau mouvement citoyen avait obligé les candidats à la présidentielle de 2022, à se positionner en fonction des propositions formulées.

Ni les « LR » qui avaient élus à leur tête, le plus réactionnaire des candidats en la personne de Wauquiez, ni la France Insoumise qui non seulement avait perdu de l’audience, mais s’était déchirée pour cause de leadership, ni le Front National qui n’avait pas réussi durant tout le premier mandat de macron, à se relever de la piteuse prestation de sa cheffe lors du débat du 2° tour de l’élection de 2017, ni les socialistes qui ne s’étaient pas relevés de leur claque aux élections précédentes, ni les uns ni les autres n’avaient réussi à créer les conditions pour faire échec à un 2° mandat de MACRON. La seule force politique et sociale qui pesait dans le pays était ce mouvement hybride composé d’acteurs différents de la société civile comme certains syndicats, des associations, des entrepreneurs…, présent à la fois sur le terrain de la contestation et de la proposition, mais aussi sur le terrain de l’expérimentions de réponses à des besoins par des réalisations concrètes.

Pas structuré pour faire émerger un ou une candidate, il sera durant la campagne, l’acteur qui sera courtisé par les candidats et candidates. L’incapacité des formations politiques traditionnelles et moribondes à sentir ce qui émergeait de ce mouvement et l’habileté d’un Macron à saisir dans ce mouvement des opportunités pour se faire élire pour un 2° mandat, a permis à ce dernier d’être le candidat préféré des français. Il avait su reprendre dans sa campagne un certain nombre de propositions de ce mouvement, notamment celle concernant l’élargissement du droit à l’expérimentation. Pour ce nouveau mouvement, cet élargissement était fondamental pour faire de ce droit, un levier essentiel d’engagement dans une démarche démocratique de transformation réelle.

MACRON gagna les élections de 2022, mais il dut constituer une majorité parlementaire de façon totalement différente qu’en 2017. Les dernières années de son premier mandat ont été très difficiles. Sa majorité s’était effilochée au fil du temps et avait eu quelques grosses défaillances en fin de mandat, qui aurait pu lui couter la victoire si l’état des partis politiques avaient été autre. Pour son second mandat, il avait donc été obligé de renouer avec les vieilles méthodes pour constituer une majorité digne de ce nom. C’est avec les formations les plus modérées de droite comme de gauche issues de l’éclatement des 2 blocs en 2017, qu’il avait constitué sa nouvelle majorité. Les 5 années qui seront celles de ce second mandat ne seront pas faciles. MACRON n’aura de fait pas l’autorité sur son gouvernement et sa majorité qu’il avait dans son premier mandat, prisonnier qu’il est par les alliances passées. 

Cependant, dès son élection MACRON, avait proposé un texte de loi élargissant et assouplissant le droit à l’expérimentation comme il s’y était engagé dans sa campagne. Ce texte fut voté par une large majorité.

Cette loi va amplifier le mouvement citoyen qui s'organise en Parti d'un nouveau type d'où va sortir celle qui présidera la France de 2027 à 2037. La majorité de cette Présidente va être plus large que celle du Président précédent.

Le nouveau pouvoir peut s'appuyer sur une large majorité très diverse dans sa sociologie, ses appartenances professionnelles et sociales mais fédérée par une conception commune de l'action politique: « il ne peut pas y avoir de pensée politique visant à mieux organiser la vie en société, sans le confronter à la réalité par des expérimentations concrètes».

Le pays n’avait pas connu depuis très longtemps, une adéquation aussi forte entre une majorité parlementaire et une majorité citoyenne.

Comme je l’ai dit plus haut, la campagne a permis de mettre en lumière la question des inégalités et une des premières réformes réalisées par la nouvelle majorité de 2027, sera la réforme fiscale et celle du financement de la protection sociale qui avait été largement débattue durant la campagne.

Un deuxième axe va marquer ces 2 mandats. C’est celui de la réforme administrative du pays. Ce ne fut pas une révolution mais plusieurs lois durant les 10 ans de mandats de la Présidente élue en 2027 ont permis à la France de progresser dans la voie de la décentralisation et du renouveau démocratique. 3 grandes mesures ont été structurantes de cette organisation :

  • La suppression des départements et la consécration de la Région comme collectivité territoriale majeure au côté des Comités de Communes ou Communauté d’Agglomération dont les dirigeants sont élus au suffrage universel direct. Les communes ne sont pas supprimées mais sont surtout devenu des espaces d’organisation de débat citoyen.
  • La fusion du sénat et du CESE, en une chambre dont l’objet est d’être représentative des différentes appartenances des citoyens (appartenance géographique, professionnelle, associative…). Son nouveau nom est « chambre des représentations collectives ».
  • La création dans les régions au côté des CESER, d’une chambre citoyenne dont les membres sont tirés au sort sur liste électorale des Communautés de Commune ou d’Agglo. Elle a un rôle d’avis et a pour objet d’impliquer d’avantage les citoyens dans la conduite des affaires.

Dans la présentation de sa loi, la ministre de l’intérieur et de la décentralisation à donner de la perspective à cette mesure en indiquant que c’était une première brique qui devra se poursuivre par la mise en place d’une chambre identique au côté de l’assemblée nationale et la chambre des représentations collectives.

Nous n’en sommes pas encore là, mais les choses avancent progressivement et le mouvement social et démocratique a repris des couleurs, même si les questions internationales sur lesquelles je reviendrais dans un prochain article sont encore très instables.

Gaby BONNAND

Tag(s) : #Démocratie, #Fiction, #Prospective, #2037

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