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Il n’a pas fallu longtemps pour que la CGT vienne confirmer le vieil adage selon lequel « les lois scélérates d’hier sont les acquis à défendre demain ».

La CGT dénonce aujourd’hui la réforme de Compte Personnel de Prévention de Pénibilité proposée par le gouvernement Philippe. Ce dispositif  a été créé par la loi retraite présentée par Marisol TOURAINE de Janvier 2014.

Ce dispositif vise à prendre en compte la pénibilité pour définir l’âge de départ en retraite, entre autre, mais aussi pour développer des politiques de prévention dans les entreprises.

Ce dispositif est la concrétisation d’une revendication de la CFDT. Plus, elle avait obtenu lors de la réforme de 2003, que des négociations s’ouvrent pour définir les conditions de cette prise en compte<. En Juillet 2008, les négociations se terminent par un échec.

Dans sa réforme de 2010, Sarkozy enterre un peu plus cette question en en faisant une question d’invalidité.
Hollande en 2014 reprend cette question et propose un dispositif qui d’une part évite de créer de nouveaux des régimes spéciaux de retraites, et d’autre part permet de prendre en compte la pénibilité vécue. Par contre les branches doivent s’engager à aider les entreprises par la définition de référentiel de branches sur les métiers pénibles.

Le MEDEF, toujours plus préoccupé par la défense des intérêts des dirigeants et des actionnaires beaucoup plus que par l’intérêt des entreprises et de  la santé des salariés, rentrent en guerre contre ce dispositif. Prétextant que c’est une usine à gaz, ils n’n veulent pas. Il faut dire que le MEDEF à une analyse sélective des usines à gaz. Il parait que le CICE, c’est une usine à gaz, dix fois plus compliqués que le C3P, mais alors là… c’est pour le bien commun.

Gattaz, trouve en Saubot, le parton de l’IUMM et de la commission sociale du MEDEF, un portevoix pour relayer un discours scandaleux visant à nier contre toutes les études épidémiologiques que des expositions à certains facteurs de travail peuvent avoir des conséquences sur la durée de vie en bonne santé des salariés concernés.

Pour lui, si le salarié n’a pas au moment de son départ en retraite, des symptômes médicalement reconnus, il ne doit continuer à travailler. Point barre. Saubot, dans la droite ligne des maîtres de forges. Ne  sait -il pas que des milliers de salariés exposés à l’amiante ont déclaré un cancer longtemps après avoir quitté le travail ? Probablement qu’il le sait, mais Il s’en fout. En plus, au vu des derniers dénouements du scandale de l’amiante, les responsables ne semblent pas être inquiétés par la justice. Alors pour les risques chimiques, pourquoi s’em...er avec la santé des travailleurs ?

Alors Macron dans sa grande sagesse « ni de droite – ni de gauche », transforme le C3P et supprime de ce dernier 4 facteurs : manutention manuelle de charges, postures pénibles, vibrations mécaniques, risques chimiques. Par ailleurs il modifie le financement pour le noyer dans le financement des ATMP, ancrant ce dernier comme une mesure médicale et non comme une mesure de justice et d’équité.

Le MEDEF, je viens de le dire a joué et continue à jouer la même partition qu’on lui connait. Mais La CGT, elle aussi vient nous jouer sa partition bien connue.

Depuis 2014, date de la mise en place par la loi retraite par Marisol Touraine, la seule organisation qui a défendu contre vents et marées, le Compte Personnel de Prévention de la Pénibilité, c’est la CFDT.

La CGT a été aux abonnés absents. Il faut dire que la CGT avait d’autres chiens à fouetté avec la crise de succession qu’elle connaissait depuis le départ de Bernard Thibault. Il est vrai que les travailleurs exposés au travail pénible étaient tous mobilisés par les problèmes de la succession du SG de la CGT.

Au moment de la loi sur les retraites de 2014, sa condamnation d’une réforme scélérate a visiblement masqué son soutien au dispositif du C3P qu’elle défend aujourd’hui, en appelant à se mobiliser contre sa réforme par le gouvernement Philippe.

La modification que propose le gouvernement est une bien piètre mesure qui n’a rien de progressiste. Bien au contraire. Le gouvernement reprend l’argument du MEDEF sur la complexité du système pour le modifier en profondeur et prendre une décision inacceptable face aux risques chimiques.

Si nous arrivons à cette situation aujourd’hui, c’est en partie dû à la faible mobilisation de nombreux syndicats pour défendre le dispositif au premier rang desquels la CGT. Durant 2 ans, seule la CFDT s’est mobilisée. Devant la violence du MEDEF dans sa bataille contre le dispositif, employant toutes les contrevérités possibles, une mobilisation plus importante de la part du mouvement syndical était nécessaire.

Se présenter aujourd’hui, comme le fait la CGT comme le défenseur de la prise en compte de la pénibilité vient confirmer que cette organisation est doublement inefficace :

  • D’une part elle ne se salie jamais les mains dans la construction de dispositifs de protection. Pire, elle condamne ceux qui le font.
  • D’autre part elle vient se présenter comme le défenseur des droits acquis quand les dispositifs de protection qu’elle a condamné, sont menacés

Gaby BONNAND

Tag(s) : #C3P, #CGT, #Macron, #Politique