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Depuis quelques temps dont je situerais le début à la  à fin de la primaire de la gauche, j'ai vraiment une grande difficulté à cerner la ligne de libération.

Dire que la ligne éditoriale de Libé m'a toujours semblé claire serait mentir. Mais globalement depuis que je le lis, vers la fin des années 70, Libé était un journal ou de nombreux militants syndicalistes et politiques se définissant comme réformistes, se retrouvaient. Pas toujours d'accord bien sûr. De nombreuses fois en lisant des articles reportages sur des évènements syndicaux auxquels j’avais participé, j’avais même l'impression que je n'avais pas participé aux mêmes événements.

Mais ceci est normal. Je n'attends pas d'un journal qu'il brosse les chaussures de qui que ce soit. Et c'était cette liberté de ton qui  me plaisait dans ce journal.

Si jusqu'à aujourd'hui j'avais du mal à savoir quelle ligne suivait ce journal, un dernier événement qu'est la place que fait Libé à la disparition d'Edmond Maire, vient de me donner une première réponse.

Non seulement, ce journal au lendemain de l'annonce du décès d'Edmond Maire, n'a consacré qu'une brève à ce grand syndicaliste, mais il choisit ce jour-là, plus de 3 mois après la déroute socialiste à la présidentielle, pour donner 2 pages à Cambadélis qui nous explique que "la défaite de la gauche est morale" car la gauche au pouvoir n'a agi que par tactique, par manque de pensée. Il y a longtemps qu'on le sait et Cambadélis est le dernier à le découvrir. Donc cette découverte est sans intérêt et ne mérite pas 2 pages dans un journal, pas plus le 2 octobre qu'un autre jour.

Libé a-t-il perdu la mémoire?

Libé sait-il qu’en France, la première organisation syndicale dans le privé c'est la CFDT depuis Mars dernier?

Libé sait-il que ce syndicalisme s'est construit dans l'adversité avec les gauches conservatrices et communistes, notamment ?

Libé se rappelle-t-il que cette force syndicale devenue première organisation syndicale dans le privé, doit beaucoup à Edmond Maire. Pas seul bien sûr, mais à lui qui a été à la tête de l'organisation de 1971 à 1988 ?

Libé se rappelle-t-il qu'au-delà d'être un acteur syndical de premier plan, Edmond MAIRE a été un penseur de la transformation sociale dont les réflexions ont irrigué bien au-delà du syndicalisme CFDT. Il a largement alimenté la pensée de ce que l'on a appelé la deuxième gauche avec son compagnon de route Michel Rocard ?

Libé se rappelle-t-il qu'au moment où Edmond Maire ferraillait dur contre la gauche communiste et l'extrême gauche pour imposer une autre vision de la transformation sociale que celle de la dictature du prolétariat, Cambadélis officiait à l'extrême gauche, dans des organisations lambertistes?

Libé se rappelle-t-il que Cambadélis, avec de nombreux autres anciens de différentes chapelles d'extrême gauche, tous arrivés au PS, n'ont eu de cesse d'entraver le développent de cette gauche réformiste dont Rocard était le leader, jusqu'à la laminer, préférant les discours révolutionnaires en périodes d'opposition et une pratique opportuniste une fois au pouvoir?

Et c'est au lendemain de l'annonce de la mort d'Edmond Maire que Libé donne la parole  à un des fossoyeurs de la deuxième gauche devenu 1° secrétaire du parti socialiste pour l'accompagner dans son agonie finale et fermer la porte.

Libé n'a-t-il pas comprit que l'arrivée de Cambadélis à la tête du parti c'était l'expression même d'un Parti sans pensée?

Ce jour du 2 Octobre 2017, Libé a clarifié un peu plus sa ligne. Le réformisme n'est pas porteur surtout si il est exigeant. Il vaut mieux gagner des parts de marché en se rangeant derrière des débats beaucoup plus simple que ceux imposés par une rigueur intellectuelle, pour expliquer la complexité des choses... Le populisme n'est pas loin.... Mais Libé peut toujours se ressaisir.

Gaby BONNAND

Tag(s) : #Libé, #Edmond Maire