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Emmanuel Macron a initié une démarche qui de mon point de vue, est essentielle et sème les graines d’une profonde modification de la pratique démocratique. En effet à avoir voulu présenter devant le congrès, les orientations de la politique qu’il veut conduire, en explicitant les fondements de celle-ci, il a créé les conditions pour redonner du crédit à la politique.

Une telle démarche est audacieuse et « bienfaitrice » pour la démocratie. Je le disais déjà sur Facebook, le 3 juillet: Grande innovation aujourd'hui. On comprend le mécontentement que ça va générer. Les médias d'abord. Ce ne sera plus quelques phrases bien choisies d'une interview du chef de l'état qui servira d'étalon pour leur rubrique d'évaluation. Avec le discours d'aujourd'hui, c'est ce dernier qui servira de référence. Aujourd'hui la "Politique" a repris des couleurs. J'en suis heureux et impatient pour que ça se poursuive ». Je persiste et je signe 

Par cette démarche Emmanuel Macron a mis fin à logique très dangereuses des discours de campagne, trop souvent considérés comme des promesses qui n’engagent que ceux et celles qui les croient. A ceux qui disaient que l’on avait rien appris par le discours de Macron ce jour du 3 Juillet, je répondais que la différence n’était certes pas dans le contenu, mais dans le statut de la parole. Macron devant la représentation nationale ne parlait pas en tant que candidat mais en tant que Président de la république élu au suffrage universel. La différence est de taille. Autant on peut, à mon grand regret tout de même, dire que les promesses de campagne n’engagent que ceux qui les croient, autant nous ne pouvons pas dire cela d’un discours du Président de la République.

C’est d’ailleurs pour cela que depuis quelques jours sur Facebook, comme sur le blog, je mets en parallèle ce discours avec la pratique du pouvoir aujourd’hui.

Cette démarche ne relève ni d’un subite atterrissage dans le monde réel, comme le prétendent quelques amis Facebook, ni d’une volonté de nuire au pouvoir comme le prétendent d’autres amis Facebook.
Cette démarche ne relève ni de l’un ni de l’autre. Elle relève simplement d’une démarche citoyenne que j’ai annoncé dès mon vote pour Macron dès le premier tour de la présidentielle.

Si Macron a fait ce discours devant le congrès c’est pour dire que la politique conduite devra s’évaluer à l’aune de ce discours et pas à partir de petites phrases choisies par des journalistes au détour d’interviews plus ou moins préparés.

Mes derniers post ne sont pas autre chose que la concrétisation de cette démarche, qui devrait de mon point de vue inspirer tant la majorité que l’opposition.

Et pour poursuivre ce matin avec cette démarche, Les chômeurs comme les personnes sans domicile fixe, les migrants, ne sont pas dans ces situations par choix. Il ne sert à rien de stigmatiser pour justifier une politique, comme le font plusieurs responsables de la majorité depuis quelques jours, qu’ils soient parlementaires, ou membres du gouvernement ou dirigeants de LERM. Je suggère à tous ceux-ci  et notamment à ceux qui ces derniers jours se sont illustrés par des propos lamentables sur les personnes dormant dans la rue, laissant entendre que c’était leur choix, de relire les propos d’Emmanuel Macron au congrès :

« …Notre société de la compétition et de l’efficacité est menacée à chaque instant de perdre son humanité, de perdre son âme. Pourquoi ? Simplement parce qu’elle est portée à considérer les personnes non selon leur dignité intrinsèque, mais selon leur utilité sociale, et de manière tout aussi grave, en sous-estimant l’utilité sociale qu’elles peuvent avoir. Ainsi les plus jeunes sont mis indéfiniment à l’épreuve, les plus âgés, au rebut. Les chômeurs sont pointés du doigt. Mais ce sont aussi les réfugiés, vus comme un fardeau et non comme une chance. Les détenus, qui sont oubliés dans des prisons dégradées, sans espoir d’amendement. Les exclus, les sans-abris, qui sont vus comme des problèmes plus que comme des humains. Les personnes en situation de handicap, réduits à leur apparence au mépris de leur vie. C’est la « part maudite » de notre société, pour reprendre la belle formule de Georges Bataille, qui dit tant de ce que nous sommes ».

Et oui comme le disait aussi Emmanuel Macron, gouverner c’est exigeant « Les mauvaises habitudes reviennent vite. »

Alors mesdames et messieurs de la majorité, c’est à vous qu’il appartient d’abord de ne pas retomber dans ce que Macron décrivait dans son discours : «Un monde politique fait de querelles stériles et d’ambitions creuses où nous avions vécu jusqu’alors » alimenté par « le déni de réalité, le refus de voir le réel en face, l’aveuglement face à un état d’urgence qui est autant économique et social que sécuritaire ».

C’est d’abord à vous que s’applique le devoir d’exigence que rappelait le Président de la république à Versailles : « En vous élisant, dans votre nouveauté radicale…c’est à une manière de voir la politique qu’il a donné congé. En accordant leur confiance à des femmes et des hommes nouveaux, les Français ont exprimé une impérieuse attente, la volonté d’une alternance profonde ».

Il est plus qu’urgent que le discours de Macron à Versailles devienne le livre de chevet de toute la majorité, Ministres parlementaires, membres du parti LREM.

Gaby BONNAND

Tag(s) : #Macron, #SDF, #Politique, #Démocratie

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