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Extraits du discours de Macron à Versailles le 3 Juillet 2017 et commentaires

"...Les forces de l’aliénation sont extrêmement puissantes. Aliénation à la nouvelle division du travail qui s’esquisse dans un univers en transformation profonde, où le numérique recompose des secteurs entiers de l’économie, bouscule des équilibres et des emplois. Aliénation à la misère, à la pauvreté, ou même seulement à l’insatisfaction, si nous ne permettons pas à chacun de trouver un travail qui lui corresponde, qu’il soit heureux d’accomplir, une place et une dignité qui soit la sienne dans la société…"
Il ne parle pas d’emploi qui corresponde aux besoins du marché seulement, mais de travail qui corresponde à chacun. A ne mettre l’accent que sur l’emploi, le gouvernement renforce le décalage entre emploi et qualité du travail et du service tel qu’il se manifeste chez les salariés et salariées des maisons de retraite.

"…Le mandat du peuple, ce n’est pas d’instaurer le gouvernement d’une élite pour elle-même, c’est de rendre au peuple cette dignité collective qui ne s’accommode d’aucune exclusion…"
Il n’est pas question ici de premier de cordée, expression qu’il utilisera quelques mois plus tard pour dire que ce sont les entrepreneurs, l’économie qui est premier. « "Si on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c'est toute la cordée qui dégringole".
Je n’avais pas perçu dans le discours du président une hiérarchie dans le degré de citoyenneté. Cette expression semble établir une hiérarchie entre l’économique et se social en faisant de celui-ci un sous-produit de l’économie. Cette hiérarchie est visible dans la manière dont le gouvernement aborde la question sociale, la question du travail et la question du dialogue social

"...Je refuse de choisir entre l’ambition et l’esprit de justice...".
Cette vision de premier de cordée, évoquée ci-dessus renvoie qu’on le veuille ou non à une société hiérarchisée où l’esprit de justice passe au second plan. D’ailleurs j’ai cru discerner un glissement du discours de macron sur cette question où il parle d’une « politique sociale aidant les plus démunis ». Une politique sociale pour les plus démunis reflète une conception d’une société hiérarchisée. D’un côté les gagnants, de l’autre les perdants qui doivent bénéficier d’un filet de sécurité.

"…Ce n’est pas la société des entrepreneurs que nous voulons…," 
Je voudrais le croire, mais quand on cale devant le patronat sur le dialogue social dans les PME, l’affirmation de principe en prend un coup.

"…ou la société de l’équilibre des finances publiques, ou la société de l’innovation. Tout cela est bien, tout cela est utile. Mais ce ne sont que des instruments au service de la seule cause qui vaille, une cause à laquelle le nom de la France est attaché depuis bien longtemps. Et cette cause est la cause de l’homme…."
De même quand on commence par annoncer des mesures de départs volontaires ou de paiement au mérite pour une réforme indispensable de la Fonction Publique, il est légitime d’avoir des doutes sur le fait que l’équilibre des finances publiques ne soit qu’un moyen. L’approche du gouvernement Macron pour cette réforme ne me semble pas conforme au cap rappelé par ce dernier dans ses vœux qui met en avant la clarification « les missions des fonctionnaires".

"…libérer et protéger, permettre d’innover en construisant une place pour chacun…"
Pas de Hiérarchie entre les 2. Au contraire c’est la conjugaison des 2. Au regard de la « qualité » de préparation et des objectifs concernant le premier terme concrétisé par les ordonnances, et l’impréparation, la méconnaissance et le flou artistique du volet de la protection, que nous constatons au regard des tergiversations gouvernementales concernant le Formation Professionnelle et l’assurance chômage, il semble que le « en même temps » se transforme en « D’abord la libéralisation, puis ensuite (presque si on peut), la protection ».

"…Les chômeurs sont pointés du doigt…"
Je ne suis pas sûr que la stigmatisation des demandeurs d’emploi en en faisant des potentiels fraudeurs soit conforme à cette orientation. Laurent Berger a raison de taper du poing sur la table "J’en ai assez d’entendre que la majorité des chômeurs sont des fraudeurs. Plus que de contrôle, je veux parler d’accompagnement. Des contrôles accrus, oui, mais à condition que ce soit aidant mais pas punitif pour les demandeurs d’emploi".

"…Mais ce sont aussi les réfugiés, vus comme un fardeau et non comme une chance..." 
J’ai du mal à lire cet objectif dans la circulaire Colomb et la ligne et les pratiques gouvernementale qui ont d’ailleurs été interpellées par Thierry Pech, Laurent Berger et Jean Pisani Ferry dans une tribune dans le monde du 17 Janvier

"…Les détenus, qui sont oubliés dans des prisons dégradées, sans espoir d’amendement..." 
Le conflit des prisons est exactement le produit de ce que Macron dénonce. Ceci étant ne reprochons pas à Macron cette situation inadmissible des prisons Françaises qui est le fruit des politiques précédentes. Il en est de même pour la pauvreté

"…Nos sociétés modernes ont tendance à se fractionner au gré des intérêts, des égoïsmes, des idées de chacun. Mais là encore il nous revient, dans l’action politique, de résister aux forces de division, aux effets de dislocation qui sont à l’œuvre et qui ne sont aucunement invincibles pour peu qu’on s’en donne les moyens…"
Il a raison, il faut combattre la société de compétition à tous les niveaux. Elle peut devenir destructrice. Mais Résister aux forces de division, c’est s’opposer aux politiques stigmatisantes vis-à-vis des chômeurs et des migrants notamment.

Tag(s) : #Macron, #Politique, #élection présidentielle, #Bilan

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