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Lors de la présidentielle j’ai exprimé sur mon blog qu’en votant Macron, je votais pour un Régime qui me laisserait la liberté d'exprimer et de manifester mes désaccords avec sa politique, contre Le Pen avec laquelle se mettrait progressivement en place un régime qui interdirait l’expression et la manifestation de ses désaccords avec son programme.

Ce qui se passe depuis quelques jours, notamment depuis que le mouvement des gilets jaunes connait une forte baisse de la mobilisation, semble venir confirmer cette appréciation. Plus le mouvement s’affaiblit, plus l’expression des figures les plus radicales propulsées par les réseaux sociaux, appuyés par les médias, s’imposent dans le paysage. Ce n’est pas le communiqué de presse d’une soi-disant frange modérée des gilets jaunes qui va démontrer le contraire.

Dans ce cartel de leaders autoproclamés,  qui ont signé ce communiqué il y aurait Christophe Chalençon l’auteur d’une vidéo postée le 23 décembre dans laquelle il appelle à la rescousse les militaires « pour permettre la mise en place d’un gouvernement de transition » dirigé par le général de Villiers.Avec l'essoufflement de la mobilisation, la radicalisation violente s'accentue. Les partisans de cette violence radicale ont toujours été présents dans le mouvement. Ils sont aujourd'hui plus visibles car ce sont eux qui restent mobilisés et qui plus est, de manière violente.

La pratique que ces groupes radicaux mettent en œuvre depuis le début du mouvement des gilets jaunes dans l’organisation des manifestations de plus en plus violentes, donne à voir la conception de la démocratie et du débat contradictoire de ces groupes. Il n’y a pas de place pour ceux qui ne sont pas d’accord avec eux, et de nombreux gilets jaunes au début du mouvement qui ont voulu s’organiser, en faisant l’apprentissage de la démocratie, l’ont appris à leur dépend : Interdiction de se rendre à des discussions avec quelques autorité que ce soit, menaces physiques allant jusqu’à la menace de mort. Tels sont les pratiques bien connu de l’extrême droite. 

Il ne s'agit plus aujourd’hui de condamner des dérives, il s'agit de combattre derrière le mouvement des gilets jaunes une organisation dont le contrôle a été pris par l’extrême-droite et qui œuvre pour que ce qui a été acquis par le mouvement, ne soit ni enrichis, ni mis en œuvre. Leur projet est ailleurs. Ils n'aiment pas la démocratie, ils n'aiment pas les différences et ils ne supportent  pas  que ceux qui  ne pensent pas comme eux existent encore ou puissent encore s’exprimer. Le RIC est leur dernier cheval de Troie pour tenter de remettre en cause tout ce qui constitue une progression des droits de l'Homme, comme la suppression de la peine de mort, le mariage pour tous ou la liberté d'opinion et tout ce qui est au fondement de notre démocratie,...

Tout soutien à un mouvement dont l’expression est devenue principalement violente, conforte l’extrême droite devenue dominante dans l’utilisation de ce mouvement et ne sert aucunement les intérêts des nombreux gilets jaunes qui se sont mobilisés. Au contraire, ce qu’ils ont obtenu, certes largement insuffisant, doit maintenant trouver une évolution et des concrétisations dans le cadre du grand débat instauré par le gouvernement et dans le cadre du dialogue social trop longtemps ignoré part ce gouvernement.

Oui, malgré toutes les critiques que j’ai pu formuler et que je continue à formuler en direction du gouvernement, et bien qu’il ait une énorme responsabilité dans le déclenchement de la crise, c’est un gouvernement qui est démocratique, non pas seulement parce qu’il a la légitimité des urnes, mais parce qu’aucune loi discutée débattue, adoptée par le parlement ne porte atteinte aux fondamentaux de notre démocratie, que sont le droit d’expression, la liberté de manifester, la liberté de la presse, la liberté de penser, la liberté de croire ou ne pas croire…Est-ce à dire qu’il soit exemplaire ? Pas du tout. Je ne confond pas le débat politique qui n’exclue absolument pas ni les divergences, et j’en ai beaucoup, ni la controverse, ni la polémique…, mais qui se situe dans le cadre institutionnel garantie par la constitution qui fait que nous sommes et que nous vivons dans un pays démocratique, n’en déplaise à tous ceux qui rêvent de Poutine ou de Maduro

Défendre la démocratie dans cette période troublée, ce n’est pas défendre la politique de Macron. Par contre c’est défendre les institutions dont il est le garant de par la fonction que lui donne la constitution. Ça lui donne des devoirs qui vont bien au-delà de la mise en œuvre du programme sur lequel il s’est fait élire.

Mais ça donne des responsabilités à tous les démocrates. Ceux qui se cacheront à gauche et à droite derrière le fait que la situation est complexe pour ne pas condamner ou minimiser  les actes antisémites, homophobes, islamophobes, racistes du mouvement dont l’extrême droite a maintenant pris la direction s’égarent.

Un blog sur le site de Médiapart, signé de Robert Hirsch, rappelle des choses très justes, que je fais miennes «  La gauche, ce n'est pas se taire pour ne pas choquer les pauvres, Ou alors ce n'est plus la gauche, c'est peut-être cela le problème. Et c'est bien souvent sur l'antisémitisme que la gauche s'est tue, au début de l'affaire Dreyfus comme ces dernières années ».

Gaby Bonnand

Tag(s) : #Gilets jaunes, #démocratie, #complexité

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