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Emmanuel Macron a envoyé sa lettre aux français. 4 grands thèmes sont soumis au débat : Les impôts, l’organisation de l’Etat et des collectivités publiques, la transition écologique, redonner plus de force à la démocratie et la citoyenneté.

On pourrait disserter sur le rôle et les intentions véritables  du gouvernement et du Président de la République dans ce grand débat que ce dernier a lancé en réponse à la crise des gilets jaunes. Il ne manquerait pas de matière pour le faire. Mais les enjeux pour s'impliquer dans le débat sont trop importants pour perdre son temps à des polémiques au regard d’un contexte rendu difficile par 2 mois de crise politique et démocratique.

Un paysage politique et social éclaté

  • Le Président de la République avec le gouvernement a par sa pratique du pouvoir, allumé la mèche qui a suscité la crise dont les gilets jaunes sont l'expression. Le Président veut aujourd'hui reconquérir l'opinion et son principal objectif à travers le débat est d'abord d'expliquer sa politique et convaincre plutôt que d'écouter. Le lancement de l'opération le 15 janvier en Normandie  rend visible cette stratégie. Le contexte qui met le gouvernement et le Président de la  République en situation de face à face direct avec les extrêmes et notamment l'extrême droite ne semble pas disconvenir au Président, d’autant  que cela renforce son discours de représenter le seul rempart contre le RN. Les sondages confirmeraient cette approche.
  • Des hommes et des femmes qui se sont mobilisés sur des revendications précises au regard de leur situation, concernant le PA, la fiscalité. … De nombreuses personnes investies au départ se sont éloignées du mouvement pour des raisons multiples (violences, dissensions au sein du mouvement…). Je doute qu'ils se mobilisent dans le grand débat.
  • Des groupes extrémistes notamment d'extrême droite présents depuis le début qui ont pris le contrôle du mouvement pour mener un combat politique de déstabilisation de nos institutions et de la démocratie. Ils disent ne pas vouloir s'impliquer dans le débat. Leur objectif est ailleurs. Si le débat peut servir leur stratégie destructrice de la démocratie, ils l’investiront.
  • Les partis politiques PS et LR  dynamités depuis l'élection de Macron ne sont pas en capacité de peser dans le débat. 
  • La France Insoumise par la voix de Jean Luc Mélenchon a dénoncé une supercherie et dit ne pas vouloir la cautionner.
  • Le Rassemblement national a par la voix de Marine Le Pen annoncé qu’il participera au grand débat sur la base de ses 144 propositions qui structuraient son programme de 2017.
  • Du côté des associations, un certain nombre d’entre elles ont annoncé leur intention d'y participer.
  • Le mouvement Mutualiste par la voix de la FNMF a annoncé son implication dans le débat par un travail de proximité via les mutuelles, en organisant des débats sur l’ensemble du territoire, avec un temps fort du 4 au 8 mars 2019, sur les questions de santé.
  • Enfin du côté syndical, La CGT et Solidaires ont fait le choix de ne pas participer à la rencontre de présentation du grand débat à l’initiative du Premier Ministre, ce qui laisse augurer une faible implication de ces 2 organisations. FO a participé à la réunion avec le Premier Ministre, mais n’est pas précis sur la manière dont elle va participer au débat. CFDT et UNSA ont annoncé clairement leur volonté de participer au débat sur la base de propositions précises et exigent un débat «totalement indépendant» donnant lieu à de réelles inflexions sociales, suivi d’une conférence sociale ou d’un « Grenelle du pouvoir de vivre » visant à transformer les propositions et conclusions du débat en mesures concrètes.

Dans ce paysage éclaté, dominé par un face-face Gouvernement – Front national, le seul moyen de ne pas être contraint, dans un temps plus ou moins long à un choix binaire qui serait catastrophique, c’est de casser cette dynamique.

Casser la dynamique de face à face Macron-Gouvernement / Rassemblement national – France Insoumise

  • Une implication forte dans le débat capable d’engendrer un rapport de force favorable à des évolutions de la politique gouvernementale est nécessaire. Par conséquent, ceux qui veulent y aller (en clair, les organisations syndicales CFDT et UNSA, le mouvement mutualiste et les grandes associations nationales) doivent créer les conditions d’y aller ensemble ou du moins de manière concertées pour bien sûr combattre les positions du Rassemblement National mais aussi pour rendre impossible l’instrumentalisation de ce grand débat par le Président de la république et le gouvernement à des fins électoralistes.
  • Des initiatives communes à ces organisations pour rendre  visible à la fois leur implication et celle de leurs membres dans ce débat et leur défense des institutions et de la démocratie,  sont indispensables. Les « places de la République » créée il y a quelques années par ces organisations pourraient servir de support à de telles initiatives. 
    Gaby BONNAND

 

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Tag(s) : #Gilets jaunes, Grand débat