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J’ai de plus en plus de mal à comprendre pourquoi des gens se disant de gauche ont toujours autant de mal à dénoncer les violences perpétrées par de nombreux gilets jaunes dans les manifestations qui se succèdent depuis près de 2 mois. Ce qui me préoccupe également c’est  l’analyse qui transparaît souvent derrière leur expression. Certes il y a des violences, répondent-ils quand on les titille, mais elles seraient marginales. Par contre ils répondent que la violence policière est de partout, et certains vont même jusqu’à affirmer qu’elle est commandé par les plus hautes autorités de l’Etat.

D’un côté la violence serait le fait de gens minoritaires dans un mouvement qu’ils considèrent encore presque comme progressiste, de l’autre la violence est une violence d’Etat organisée qui ne protège pas la démocratie et les institutions, mais les intérêts d’une clique qui est au pouvoir qui n’a plus de légitimité, laissant presque supposé que le pouvoir n'aurait pas plus de légitimité que les gilets jaunes.

Pour ce qui me concerne, j’ai toujours considéré que l’expression du malaise social par le mouvement des gilets jaunes, par des revendications sur le Pouvoir d’Achat, la justice fiscale était totalement légitime et je le redis.

Je n’ai jamais ignoré la présence d’organisations ou d’individus radicaux appartenant à l’extrême droite et à l’extrême gauche. Leur présence ne rendait pas pour autant illégitimes les revendications quand celles-ci portaient sur des revendications à vivre décemment.

La baisse de la mobilisation a progressivement donnée plus de poids aux extrêmes dont les éléments les plus déterminés et les plus violents sont restés mobilisées. Cette évolution a permis un glissement du mouvement sur des revendications de type politique comme la demande de démission de Macron.

Ce mouvement n’est plus un mouvement social.

Ce mouvement n’est plus un mouvement social. Il est devenu un mouvement politique factieux cherchant à déstabiliser la démocratie et les institutions. Les violences ne sont plus marginales. Elles constituent le moyen privilégié par les gilets jaunes restants mobilisés, pour déstabiliser. Nous avons parlé beaucoup de l’intrusion dans un ministère mais c’est aussi de nombreux actes en province en direction de bâtiments publics représentant les institutions républicaines : la mairie de Rennes, la Préfecture du Mans et de Toulouse entre autre, sans parler de multiples agression en direction des forces de l’ordre qui, n’en déplaise à un certain nombre, sont des forces institutionnelles de notre démocratie et de notre République. Ces actes ne sont pas anodins. Ils visent des symboles républicains et des supports de la vie démocratique comme les mairies.

Mais cette violence c’est aussi cette attaque raciste contre le député de la 2° circonscription du val de Marne Jean François M'BAYE qui a reçu une lettre disant entre autre « De quel droit un africain vient se mêler des problèmes de la France » ou encore « En 1962, les algériens ont dit aux colons « c’est la valise ou le cercueil ». M’Baye, on te dit la même chose et comme tu ne vas pas obtempérer, on va te mettre une balle dans la tête »

La violence est dirigée également contre la communauté homosexuelle, contre des députés uniquement parce qu’ils sont députés d’une formation politique avec laquelle ils ne sont pas d’accord.  

La violence n’est pas marginale, elle est la ligne directrice du mouvement dont les extrêmes ont pris la direction.

Ce mouvement a quitté les revendications sociales pour venir sur le terrain politique refusant de s’inscrire dans un processus de discussion, de concertation et de négociation

Ce mouvement, il faut le dire n’a jamais dirigé ses revendications en direction des employeurs. Que ce mouvement a été au départ porteur de revendications légitimes concernant des conditions d’existences décentes, auxquelles il faut répondre, est incontestable.

Mais aujourd’hui, les formes et le contenu revendicatif de ce mouvement, fait que celui-ci n’est pas un mouvement social.

Il est d’ailleurs surprenant  que des hommes et des femmes de gauche puissent voir dans les gilets jaunes en ce début d’année, un mouvement voulant remettre en cause le capitalisme et la mondialisation libérale :

  • A aucun moment ce mouvement ne remet en cause l'organisation et le fonctionnement des entreprises.
  • A aucun moment ce mouvement dénonce les salaires scandaleusement élevés de nombreux patrons du CAC 40.
  • A aucun moment ce mouvement dénonce le versement de hauts dividendes aux actionnaires des entreprises au détriment de l’investissement, de la formation des salariés ou de la rémunération de ces derniers.
  • A aucun moment ce mouvement exige que la richesse créée dans l’entreprise soit mieux répartie.
  • A aucun moment ce mouvement s’en prend aux décisions d’entreprises qui ont pour conséquence de laisser des travailleurs sur le carreau sans formation.
  • A aucun moment ce mouvement s’en prend aux entreprises qui refusent de prendre en compte la pénibilité au travail, laquelle a des impacts important sur la santé et la durée de vie en bonne santé.
  • A aucun moment ce mouvement s’en prend au patronat qui dans de nombreuses négociations interprofessionnels exigent en permanence des réductions de cotisation pour réduire les droits à la protection sociale.
  • ...

Ce mouvement n’est pas un mouvement social qui veut s'attaquer aux dérives d'un capitalisme financier. Jamais ils ne s'en prend à lui. Jamais il ne s’attaque aux racines des problèmes. Si bien sûr la répartition équitable des richesses est extrêmement importante, si la fiscalité est un outil essentiel pour cela, les conditions de la création de la richesse, qui de fait, est le quotidien des travailleurs est un terrain aussi important. C’est à créer des richesses que les travailleurs passent une partie de leur vie. 

Ce sont dans ces lieux de création de richesse que celle-ci doit être d’abord répartie pour que les travailleurs aient des salaires décents, des conditions de travail optimum, des formations capables de les faire progresser.

Qui parlent de cela. Certainement pas les gilets jaunes; qui font de leur non appartenance syndicale un trophée, Pas non plus les partie extrêmes de gauche ou de droite, mais ce n’est pas étonnant, la vie des travailleurs ne les a jamais intéressée.

Mais ce qui est plus étonnant, c’est de voir des hommes et des femmes se réclamant de gauche, s’engouffrer dans la défense d’un mouvement qui a totalement quitté le terrain social en laissant encore penser que les violences de ce mouvement ne seraient que marginales.  

L'urgence est que le camp des démocrates se retrouvent d'abord pour dénoncer les violences de ce mouvement, pour se montrer dans l'espace public par une mobilisation d'ampleur et par l’investissement dans le grand débat.

Gaby BONNAND