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Le fonctionnement démocratique dans un régime semi-présidentiel conduit à avoir une majorité monolithique souvent aux ordres des gouvernements, notamment depuis l’établissement du quinquennat.

Du même coup, les vaincus de l'élection présidentielle et des élections législatives qui suivent sont cantonnés dans un rôle d'opposition aussi peu porteur de débat démocratique qu'une majorité transformée en chambre d'enregistrement.

Ce  fonctionnement généré des pratiques qui ne favorise pas la recherche de compromis, qui, pour moi est un des fondements de la démocratie comme je me la représente. Pire, la puissance institutionnelle conduit celui qui dans l'opposition ne s'opposerait pas, à être considérer comme un traitre et celui qui dans la majorité ne soutiendrait pas comme un opposant. D’où la confusion permanente dans le débat politique entre compromis et compromission.
Un tel fonctionnement ne favorise pas l'apprentissage au compromis, c'est le moins que l'on puisse dire.
Au contraire. Ces oppositions blocs contre blocs sont propices à l'enfermement de chacun dans ses certitudes bien souvent déconnectées des réalités.
Cette pratique institutionnelle de la démocratie, inhérente au fonctionnement de nos institutions, formatent le fonctionnement des partis politiques ou mouvements politiques, de moins en moins enracinés, bien au-delà de leurs pratiques parlementaires.
L'incapacité  de la gauche, des partis et des mouvements qui la composent, à constituer une liste commune, en vue des élections européennes trouve probablement une partie des causes dans ce fonctionnement institutionnel voulu par notre constitution.

Ce fonctionnement français tranche avec le fonctionnement du parlement européen. Dans ce dernier, élu à la proportionnelle, aucun parti ou groupe ne peut avoir la majorité à lui tout seul.
La recherche du compromis est obligatoire si les élus, groupes, partis ne veulent pas être condamnés à l'inefficacité.

  • Compromis d'abord dans la constitution des groupes au sein du parlement européen. Pour en constituer un, il faut un minimum de 25 députés issus d'au moins 7 pays.
  • Compromis ensuite pour peser sur les décisions et les votes et trouver une majorité de députés.

Ce fonctionnement connu de tous aurait dû générer une recherche de compromis à l'échelon des pays entre listes de sensibilités proches. Ceci aurait dû être la logique dans laquelle la gauche aurait dû se placer.
Et bien non. Les différents partis et groupes ont préféré s'enfermer dans leurs certitudes et prendre le risque de ne pas peser lourd au parlement européen.

Souhaitons que malgré cette situation de division catastrophique, des candidats de différents partis ou mouvements de gauche (au moins EELV et Envie d'Europe) soient élus. 

Je suis convaincu que le fonctionnement du parlement européen contraindra de nombreux élus issus de listes différentes à travailler ensemble sur des objectifs précis et en dehors des consignes partisanes suicidaires.

Non je ne crois pas que le nombre de liste soit l’expression d’une vitalité démocratique. 
 

Gaby BONNAND

Tag(s) : #Démocratie

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