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Bien sûr une hirondelle ne fait pas le printemps. Mais la rencontre initiée par le premier Ministre hier à Matignon avec les représentants des Organisations syndicales et patronales, les associations d’élus locaux et des organisations environnementales marque bien un changement de méthode dans la manière de concevoir la place des corps intermédiaires dans la vie démocratique du pays.

Il ne faut certes pas encore parler de rupture. Le mot serait exagéré car il ne s’agit encore que d’une rencontre pour renouer le contact pour envisager d’impliquer la société civile et ses représentants sur des chantiers précis touchant à l’emploi et à la transition écologique.

La plupart des participants affichaient une certaine satisfaction à la sortie de ce qu’Edouard Philippe ne veut pas appeler un Sommet Social mais qui y ressemble comme 2 gouttes d’eau.

Sans préjuger de ce que produira ce changement de méthode, nous pouvons d’ors et déjà tirer quelques enseignements.

L’opiniâtré et la constance du positionnement de la CFDT et de son Secrétaire général depuis 2 ans, concernant la prise en compte des corps intermédiaires dans la construction de réponses aux besoins des populations en matière sociale et environnementale, a fini par contraindre le gouvernement à rompre avec une pratique très verticale du pouvoir.

Bien sûr, il ne manquera pas de grincheux pour dire qu’il n’est rien sorti de concret de cette réunion. Ça fait partie du jeu mais, ce sont des arguments faciles à contrer au regard de la grande inefficacité des samedis de violences, si nous prenons par exemple les prix du gas-oil à l’origine du mouvement qui repart à la hausse en frôlant les records historiques d’Octobre 2018.

Cette opiniâtreté et cette constance apparaissent d’autant plus pertinentes et solides qu’elles tranchent avec le flou, les incohérences des positions d’une CGT qui semble ne plus savoir où elle va. Sans revenir sur les contradictions publiques qui ont fragilisé Philippe Martinez avec une partie de son aile "radicale", il n’est qu’à constater l’échec énorme de la stratégie de cette organisation dans sa tentative de faire converger gilets jaunes et gilets rouge le 1° Mai à Paris. Je ne me réjouis pas de cette situation. Elle est dramatique car le pays, la démocratie a besoin d’une CGT qui ne soit pas « hold uper » par les plus "radicaux", lors du prochain congrès de Dijon, la semaine prochaine.

Cette opiniâtreté, cette constance et ce qu’elles sont en train de rendre possible, viennent rappeler que la « dictature » de l’immédiateté, la recherche du buzz et du scoop, le culte de l'image, ne font pas forcément bon ménage avec le temps long qu’exige la démocratie et la recherche de solutions durables.

Dans une période où l’illusion que la radicalité violente obtiendrait plus de résultats que l’action constante et permanente du syndicalisme pour changer radicalement les choses dans la durée, cette petite victoire que constitue le sommet social d’hier, est de nature à remettre un peu les pendules à l’heure.

Oui parfois, il est bon  d’entendre la forêt qui pousse avec un léger bruissement trop souvent couvert par le vacarme provoqué par la chute d’arbres un peu pourris.

Gaby Bonnand

Tag(s) : #Sommet Social, #6 mai, #Cfdt

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