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Quand les « bourgeois » parlent des classes populaires c’est rarement pour exprimer une réalité positive des dites classes populaires. En fait le bourgeois a peur des classes populaires. Il a toujours eu peur. Et sa peur l’empêche d’avoir une analyse posée. Dans la période de l’industrie naissante, l’afflux de prolétaires dans les villes étaient assimilés par les bourgeois de l’époque, à des « hordes sauvages », sans foi ni loi, vivant dans la promiscuité et porteuses de tous les virus et de toutes les maladies.

Au fil du temps, ces classes, sortant de leurs résidences dans lesquelles le bourgeois les avait assigné, ont réussi à s’organiser en syndicats, notamment. Mais cette fois elles sont devenues pour le bourgeois, des fauteuses de troubles qui n’avaient qu’un seul but, les spolier de leur propriété.

Aujourd’hui, ce sont les classes populaires qui donnent le plus à l’économie, les métiers les plus pénibles, les moins qualifiés. Vous savez ces métiers sans lesquels personne ne pourrait se loger, se nourrir, se déplacer…, et dont certains connaissent une pénurie. Et le bourgeois encore une fois de s’inquiéter. « Comment leurs enfants ne veulent pas faire vendeurs, bouchers, maçons, mécaniciens... ? ». Pourtant il n’y a qu’à traverser la rue pour trouver ce type de travail.

Les classes populaires quand elles ne sont pas vilipendées, ou regardées avec condescendance, sont souvent considérées par l’élite politique comme un terreau à investir pour gagner des voix.

Alors aujourd’hui ces classes populaires sont scrutées par le bourgeois, qui plus est, le bourgeois en campagne électoral.

Alors le bourgeois part à la conquête des classes populaires avec comme sujet principal l’immigration. Pour le bourgeois bien-pensant, il faut absolument sortir des mains de l’extrême droite ces classes populaires qui sont les premières touchées par la violence, l’insécurité lesquels, si on lit entre les lignes, ne peuvent venir que de l’immigration.

Le bourgeois qui selon ses dires ne croise pas les immigrés, compatit, dans un élan d’empathie dont lui seul est capable, aux classes populaires qui elle vit avec les immigrés.

Le bourgeois ne s’embarrasse pas avec l’analyse fine de la réalité. Il est rarement gêné par les amalgames, les généralités, les manipulations, les instrumentalisations.

Rappelons tout de même au bourgeois que l’histoire de la France fait que ces classes populaires sont de la couleur des vagues migratoires qu’a connu et que connait notre pays.

Alors pour éviter que mon coup de gueule ne me mette, sans autre procès, dans le camp des naïfs, je le dis très clairement, le sujet de l’immigration est sérieux, trop sérieux pour en faire un objet au service de débats politiciens.

Oui, le pays a besoin de débattre de cette question, mais pas en amalgamant les questions de l’immigration, de l’insécurité, des réfugiés, de la place des religions dans une société de plus en plus sécularisée et dans ce cadre de la question de l’Islam. Toutes ces questions sont à approfondir mais les raccourcis sévères qui aboutissent à les lier entre elles sont mortifères pour notre démocratie

Ne mélangeons pas tout : Le monde ne se divise pas en 2 : Les responsables et les naïfs.

Il est vrai que le bourgeois a une longue tradition d’une vision du monde binaire : Le bourgeois et les hordes sauvages, ceux qui sont légitimes à gouverner et les irresponsables, les raisonnables et les démagos, les courageux et les naïfs...

L'incurie n'est peut-être pas irréversible. Souhaitons le

Gaby Bonnand

Tag(s) : #Immigration, #le bourgois et les classes populaires