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Bien sûr Emmanuel Macron n'est pas un homme que je classerais dans les antidémocrates. Mais je ne le classerais pas ou plus non plus dans la liste des hommes et des femmes qui représentent l'idée que je me fais de la démocratie.

Sur le plan intérieur j'ai souvent exprimé depuis son élection mes désaccords profonds avec sa conception du débat politique.

  • En résumant comme il le fait, le débat politique à une confrontation entre progressistes et populistes, il regarde de tellement haut les choses, qu'il ignore la complexité du monde avec laquelle le citoyen doit se battre, se résigner parfois, composée souvent, mais ne jamais s'en affranchir. On peut s'affranchir des réalités dans les discours, jamais dans la vie concrète.
  • En se mettant en scène pour expliquer sa politique et convaincre de sa justesse, il dévoie le principe même du débat qui par essence est un échange. De ce point de vue le point d'orgue de cette pratique a été le grand débat avec les intellectuels.
     

Sur le plan intérieur encore j'ai souvent manifesté ma différence de vue concernant le dialogue social.

  • Sur cette question je n'arrive d'ailleurs pas ou plus à savoir si Macron a une conception ou s’il est opportuniste. Sa pratique depuis qu'il est aux affaires ne laisse pas apparaitre une ligne claire. Elle oscille entre concertation précédant les décisions (ordonnances travail, loi sur la formation professionnelle), décisions unilatérales (suppression du C3P, réforme de l'assurance chômage) et tentative de co-construction (projet de réforme des retraites).
    S'il est trop tôt pour porter une appréciation sur le dossier retraites, pour ce qui est des autres dossiers, quel que soit la méthode, la décision finale est celle qui a été envisagée au départ.

La réaction d'Emmanuel Macron au camouflet qu''il vient de recevoir par le parlement européen qui a refuser de valider la candidature de Sylvie Goulard comme commissaire européen, est révélatrice d’une vision, d'une conception même très restrictive de la démocratie.

Il veut des explications de la part d’Ursula Von der Leyen qui lui aurait promis qu'il n'y aurait pas de problème.
Curieuse réaction en effet que de vouloir des explications de la part de la future présidente de la commission européenne.
Surtout curieuse conception de la démocratie que de demander au  responsable du pouvoir exécutif, des explications sur le choix du pouvoir législatif, qu'est le parlement.

 

Réaction finalement pas si curieuse que cela pour quelqu'un qui analyse le monde comme une pièce de monnaie : un côté pile avec les progressistes et un côté face avec les populistes.

Une haute considération de soi-même, un gout prononcé pour la mise en scène et du monologue, une perception binaire du monde, la certitude d'avoir un sens inné des choix justes  pour le bien des gens, de la nation, de l'Europe, et du monde ne sont pas des qualités qui placent naturellement ceux qui en disposent, dans mes références démocratiques.

Emmanuel Macron doit prendre conscience très rapidement après avoir essuyé des revers au plan intérieur et maintenant au plan européen, qu'il est temps de revenir à une attitude moins arrogante et moins empreinte de leçons, et une pratique du pouvoir plus collaborative et moins verticale.

Emmanuel Macron en est-il capable ? Il lui reste peu de temps pour le prouver et il y a urgence absolue.

 

Gaby BONNAND

Tag(s) : #Démocratie, #Parlement européen, #Macron

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