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Billet d’humeur

Vincent Lindon ne s’embarrasse pas avec le doute

Plusieurs fois depuis quelques jours, j'ai été destinataire de la vidéo de Vincent Lindon, faisant part sur la chaine Médiaprt de son analyse de la situation présente. J'ai écouté jusqu'au bout Vincent Lindon. Je ne cacherais pas que cela a nécessité pour moi un effort. J'ai cependant été aidé par la beauté du texte sur le plan de l'écriture et du choix des mots. J'ai été aidé également par la qualité de l'expression dans la diction et le ton de Vincent Lindon

Mais au-delà de la musique des mots, un profond malaise. Je suis heurté par cette simplicité d'une histoire où tous les faits s'enchainent, où finalement on nous livre une histoire cousue main. L'histoire que nous raconte Vincent Lindon, n'est pas le résultat de la vie et l'action contradictoire des hommes et des femmes. Ce que le progrès de la science nous a appris et notamment les sciences humaines et sociales. Non, l'histoire que nous raconte Vincent Lindon est le produit de ce qui a été pensé et mis en œuvre par quelques personnes maléfiques animées par de sombres intérêts personnels méprisant le peuple.

Au-delà d'une scénarisation d'une dramaturgie qui peut, si nous fermons les yeux en écoutant Vincent Lindon, nous faire imaginer ce dernier sur une scène de théâtre déclinant une longue tirade qui force l'admiration, je suis heurté par cette histoire qui ne souffre d'aucun questionnement. D'autant plus heurté que l'essence même de la culture, qui est le monde auquel appartient Vincent Lindon, n’est que questionnement et refus d'une vérité révélée.  La culture a payé, au cours de l’histoire, un lourd tribut à la contestation d’une vérité.

Le ressenti d'un certain confort intellectuel, que procure des explications rationnelles délivrées par Vincent Lindon, qui me rappellent, non pas dans leur contenu mais dans leur capacité à ignorer le doute, les explications enseignées dans les églises de mon enfance, fait vite place à la gêne, au malaise. Malaise de l'homme libre qui n'a pas envie d'avoir des recettes explicatives du monde, qui a envie d'avoir accès à différentes analyses, différents apports lui permettant de se faire une idée, une opinion pour en homme libre, douter, penser, choisir.

Attention, je ne nie pas un certain nombre de choses qui sont dites par Vincent Lindon, mais je suis heurté par cette vision qui emprunte d'avantage au déterminisme et au "matérialisme historique"  qui a conduit le 20°siècle à connaitre une des pages les plus tragiques et les plus atroces de l’histoire de l'humanité.

Réintégrer de la complexité dans la lecture que nous faisons des évènements ce n’est ni quitter le terrain de  la contestation, ni celui de l’action, ni encore moins le terrain du CARE. Mais c’est probablement quitter celui de la facilité et de l’émotion qui peuvent être de très mauvais conseillers.

Gaby Bonnand

Tag(s) : #Vincent Lindon

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