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Billet

Qu'attendre de l'intervention du Président, dimanche?

Dans la perspective du prochain discours du Président de Dimanche 14 Juin, le figaro titrait un article du 7 juin 2020 "La République en marche, éternel maillon faible du président"

L'article fait état de problème de casting de dirigeants de l’organisation, de dysfonctionnement, de manque d'enracinement local, de difficulté à être audible auprès de l'exécutif,....

Il me semble que l'article est mal titré. Que la République en marche soit un maillon faible, c'est une évidence. Mais ce n'est pas le maillon faible du Président. C'est le maillon faible de notre démocratie. Depuis l'instauration du quinquennat, le rôle du parlement a été affaibli. Mais la création de LREM à la manière d'une startup est venue accélérer l’affaiblissement du rôle du parlement déjà largement entamé par Le dessèchement  progressif des partis politiques traditionnels
.

Pour ma part, ce n'est pas LREM qui est le maillon faible du Président. Il est lui-même son maillon faible.

Ses grands discours très bien écrits et parfois même très percutants ressemblent plus, pour prendre une métaphore industrielle, à des esquisses qu'à des plans d'ensemble devant donner lieu ultérieurement à des "gammes d'usinage".

Ses interventions aux accents paternalistes et protecteurs se sont trouvés souvent être à côté des attentes des français qui n'attendent du chef de l'état ni une attitude de père, ni une attitude de grand frère

Prenant tantôt l'habit du philosophe qu'on a envie de suivre, tantôt l'habit du chef de guerre qui laisse interrogatif, il déroute plus qu'il ne rassemble.

Plus sensible aux apostrophes de personnalités en vue (Raoult, Bigard, De Villiers et le puy du fou...) qu'aux expressions des syndicats  ou organisations professionnelles, ou élus locaux, il inquiète par l'inconstance qui en ressort

Préoccupé, semble-t-il par la manière dont il peut marquer l'histoire, il nous perd dans des mises en scène relevant plus du monde du théâtre que du monde politique.

Dans le même temps, un homme s'est imposé. Je ne partage par ses options politiques et sa pratique du pouvoir. Peu adepte de la décentralisation et de l'implication des corps intermédiaires, il a tout de même démontré un certain talent  de  capitaine durant la crise du covid.19, avec une certaine constance dans la conduite des choses.

Homme de droite, Édouard Philippe donne l'image de quelqu'un qui assure et qui rassure plus que le président, si l’on en croit les sondages.

Emmanuel Macron va parler dimanche. Que va-t-il nous dire ?  Le figaro nous apprend même que la question d'une démission pour provoquer une nouvelle élection serait une idée qui aurait traversé la tête du président, même si l’Élysée dément.

On peut donc s'attendre à tout, sauf que d’un point de vue réaliste, c’est la question du changement ou non du Premier Ministre qui est la question centrale.  

Il me semble que Macron n’est pas en position de force pour trancher cette question. Durant la crise Philippe à assurer et il n’a pas, comme le dit le Président à de Villiers, uniquement « gérer son risque pénal », même si cette problématique n’est pas absente dans sa gestion.
Par ailleurs, il ne suffit pas d'évoquer des noms de Lemaire, Le Drian, Kosciusko-Morizet,..., encore faut-il avoir une majorité pour gouverner.

Édouard Philippe a réussi à dépasser la faiblesse de LREM, en s'alliant à une partie de la droite. Il n'est pas du tout évident qu'une autre personnalité de droite y parvienne. Quand à nommer une personnalité plus à gauche, il n'y a pas au parlement les conditions réunies pour soutenir un tel premier ministre. Dans ces conditions il s'agirait pour la nouvelle ou le nouveau promu, de faire de la figuration.

Au-delà du fait qu'il serait difficile de gouverner, le risque serait de faire entrer le pays dans une instabilité politique avec un exécutif, non plus seulement divisé, mais  marqué par une absence  de visibilité politique et une capacité d’agir terriblement affaiblie pour les 2 ans restant du quinquennat.

Dans ces conditions Emmanuel Macron a-t-il intérêt à faire ce choix qui serait risqué pour lui ? Par contre ce choix peut lui être imposé par Édouard Philippe qui aurait décidé de partir.

Bien sûr il reste la dissolution de l’assemblée. C’est ouvrir la porte à une aventure qui comporte de gros risques sur le plan démocratique.

Je trouve que la période est très compliquée. Le paradoxe c’est que très souvent en désaccord sur les réformes, leur finalité et leur contenu, menées depuis 3 ans par le gouvernement Philippe et sa manière de les conduire, Le premier ministre m’apparait aujourd'hui le seul élément stable pour éviter au pays d'entre dans des turbulences risquées pour la démocratie

Gaby BONNAND

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