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Revenons seulement quelques mois en arrière. Les personnels soignants des hôpitaux mais aussi des Ehpad exigeaient que leurs métiers soient d'avantage reconnus, que leurs salaires soient augmentés, que des postes soient créés pour faire face aux besoins.

Durant plusieurs mois, avec leurs organisations syndicales, ils l'ont fait savoir au travers de multiples mobilisations sous des formes diverses, faute de véritables discussions et négociations. 

La réponse du gouvernement en novembre 2019, lors de la présentation du plan « Ma santé 2022 » a été de rallonger l'enveloppe prévue de 1,5 milliards sur 3 ans.

Cette augmentation était présentée à l'époque comme un effort important qui ne pouvait pas, être supérieur face aux contraintes de l'endettement du pays. Cette annonce était pourtant contestable, car il s'agissait en fait de l’affichage d’un montant qui recyclait pour près de la moitié, des sommes déjà engagées. L’effort supplémentaire était plus proche de 700 Millions que du 1,5 Milliards. Le désendettement, la réduction des déficits et du champ des services publics était les maîtres mots de la doxa de l’époque

Après l'annonce de ce plan, la CFDT santé sociaux se disait profondément déçue et appelait à de nouvelles mobilisations. 

C'était le 11 novembre 2019.

8 mois après, c'est une enveloppe de 7,5 Milliards qui est débloquée pour le volet salarial et l'organisation du travail dans les hôpitaux et Ehpad publics, suite aux négociations entrepris dans le cadre du Ségur de la Santé. Des augmentations de salaires substantielles et des recrutements sont actés. Plus de 1 millions d'agents et de contractuels obtiennent 183 € net par mois et 15 000 recrutements vont être réalisés.

Difficile d'évoquer des miettes quand le montant de l'accord conclu est de 7,5 milliards. 

Bien sûr, le Ségur de la santé ne doit pas se résumer à un accord qui répond à des revendications légitimes des personnels hospitaliers et des Ehpad publics, quand bien même ce volet représente un montant important. 

L'expression du président de la République lors de son allocution du 13 avril, paraissait plus ambitieuse. On pouvait y discerner le souhait de  travailler à une autre organisation du système de santé.

Une plus grande place à la prévention, des liens plus fluides dans les relations entre les différents acteurs et notamment entre l'hôpital et la médecine de ville, des pratiques médicales plus articulées autour du patient et de son parcours, une plus large considération des usagers, une plus grande transparence dans la politique du médicament… sont autant de points sur lesquels le Ségur de la santé est aussi attendu.

La progression de ces objectifs ne passe pas uniquement par l’augmentation des enveloppes financières. Les questions d’organisation, de formation des professionnels, de démocratie sanitaire, de transparence, de gouvernance… sont très importantes et nécessitent un travail sur le long terme.

Nous en sommes qu’au début. Mais entre le monde d'hier, celui du 11 Novembre 2019 et celui de demain dont on a du mal à savoir ce qu'il sera, il y a le monde d'aujourd'hui, celui du 13 Juillet 2020, qui n'est déjà plus le même que celui d'hier.

Le reconnaître, c'est en faire un point d'appui pour progresser dans les objectifs de plus long terme.

Gaby BONNAND

Tag(s) : #Ségur de la santé