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Les révolutionnaires de 1789 proclamaient « que l'ignorance, l'oubli ou le mépris des droits de l'homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements[1] ».

Et pourtant l’ignorance et l’oubli n’épargne personne, même pas les gouvernants. Et particulièrement celui qui est en place.

Pour s’en convaincre, il est très utile de lire le livre de Patrick Weil « de la laïcité en France[2] ». L’auteur s’est plongé dans les archives de la loi de 1905. De ce travail, il en sort un merveilleux livre facile et agréable à lire qui nous fait découvrir la loi, son contenu, les débats qu’elle a suscité à l’époque et les batailles juridiques qui ont été nécessaire à son acceptation par tous.

Pour faire échos à la situation d’aujourd’hui et aux débats qui agitent la société, avec notamment le projet de loi « confortant le respect des principes de la République », Patrick Weil évoque la méconnaissance de la loi de 1905 de la  part des gouvernants.

Méconnaissance, ignorance réelle ou volontaire par opportunisme politique ? Ce qui est sûr, c’est qu’une loi qui a pour finalité la protection des libertés (1905), est en train de devenir au contraire une loi de restriction des libertés.

Patrick Weil vient d’accorder une interview à Alternative Économique[3] à l’occasion de la sortie de son livre dans lequel il écrit :

« Actuellement le Parlement réforme la loi de 1905 au travers du projet de loi « confortant le respect des principes de la République ». Dans son avis sur le projet, le conseil d’État a suggéré de supprimer l’article 35 pour mettre les infractions commises par des ministres du culte dans le droit commun.

Il aurait pu relire le rapport d’Aristide Briand qui explique pourquoi il faut des sanctions renforcées lorsque les appels à la violence, à la désobéissance aux lois sont lancés par des personnes qui disposent de l’autorité religieuse :

« Le lieu, les circonstances du délit, l’autorité morale de celui qui la commet, sont des éléments dont il est impossible de ne pas tenir compte. Aucune assimilation n’est à faire entre la portée, les conséquences d’un discours de réunion publique devant un auditoire averti, où toutes les opinions sont le plus souvent en présence, où l’on est habitué à faire la part des exagérations, où la contradiction, toujours possible, offre toutes garanties de mise au point, et celles d’un sermon prononcé par un ministre du culte devant des auditeurs livrés inertes et sans défense par la croyance ou la superstition aux suggestions d’une parole qui tient sa force des siècles et n’a jamais été affaiblie par la controverse. »

Le 3 mars 2021, auditionné par la commission des lois du Sénat, Gérald Darmanin se gausse littéralement de l’article 35, pourtant très bien écrit, et prétend qu’il n’avait jamais été appliqué. Il se trompe ! Des centaines de poursuites ont eu lieu quand elles étaient nécessaires pour répondre aux provocations vaticanes ».

La laïcité est une valeur Républicaine qui protégé les libertés. De toute part elle devient un totem pour les restreindre. D’où l’importance de ne pas ignorer.

De ce point de vue Patrick Weil, par son livre comble nos lacunes, du moins les miennes.

La connaissance sert aussi à ne pas nous laisser manipuler.

De ce point de vue, l’enquête assez fouillée et approfondie du magazine en ligne Slate, sur le printemps Républicain[4]  qui prétend être un défenseur de la laïcité, fait œuvre de pédagogie pour démonter les discours trompeurs et dangereux pour notre démocratie

 

[1] Article 18 de la déclaration des droits de l’homme du 26 Août 1789

[2] De la Laïcité en France  Patrick Weil  Grasset Avril 2021

[3] « La laïcité marque la souveraineté de l’État » 22/05/2021 ALTERNATIVES ÉCONOMIQUES N°413

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