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L’annonce, ce jour à Rouen, par Anne Hidalgo, de sa candidature à l'élection présidentielle est une bonne nouvelle.
Plus qu'une simple candidature d'une  personnalité, cette candidature m'apparaît comme l'expression d'une expérience collective d'une gauche qui sait durer dans les responsabilités.

En effet Anne Hidalgo entame son 2° mandat de maire de Paris, après avoir succédé à Bertrand Delanoë qui a fait 3 mandats.

La gauche sur un plan national n'a jamais réussi à gouverner dans la durée, au moins depuis 1981. Même si Mitterrand a enchaîné 2 mandats de Présidents de la République, entre les 2, il y a eu une période d'alternance législative.

La gauche est trop souvent assimilée, lors d'élections nationales, à une nébuleuse qui donne des leçons quand elle est dans l'opposition, fait des promesses quand elle est en campagne et trahit quand elle gouverne.

Je ne partage pas ce constat mais il est celui que de nombreux citoyens font quand il s'agit d'élections nationales. Ce n'est pas forcément le cas dans les élections municipales, départementales ou régionales.

Il ne s'agit pas pour moi de tomber dans la caricature en opposant de manière binaire ces 2 gauches ou ces différents niveaux d'élection.
C'est plus complexe et c'est parce que c'est plus complexe que la candidature d'Hidalgo peut être une opportunité pour faire des liens et être de nature à redonner du sens au débat politique.

Cette candidature peut porter en elle l'opportunité d'une gauche ancrée dans le réel, qui sait articuler vision de long terme et pragmatisme, et donner à voir une gauche qui peut à la fois porter des ambitions et agir concrètement au service des citoyens..

Ce n'est jamais parfait. Il y a beaucoup de choses qui peuvent s'améliorer, mais il y a une pratique réelle.

Sauf à dire qu'il n'y a pas de différence entre une politique de gauche et une politique de droite sur le plan territorial, au regard de qui est produit au service des citoyens (habitat, action sociale, culture, transport, transition énergétique...), retrouver du lien entre une manière d'agir d'un nouveau territorial et un niveau national, est capital pour la gauche si celle-ci ne veut pas se perdre dans des approches théoriques des transformations à engager, générant de nouvelles déceptions quand il s'agira de mettre en œuvre.

Je ne suis ni angélique, ni inconditionnel des politiques conduites par la gauche dans les localités. Je suis habitant depuis plus de 40 ans de villes gouvernées par la gauche (Rennes de 1980 à 1991, St jacques de la lande depuis 1991), insérées dans une agglo gouvernée par la gauche, un département à gauche depuis 4 mandats et une région à gauche depuis la fin des années 90.
Il y a certes encore beaucoup de choses à faire pour améliorer la vie des citoyens dans ces territoires, pour favoriser le vivre ensemble, pour faire vivre une démocratie qui implique les habitants.

Oui assurément, mais de nombreuses décisions des collectives territoriales dans lesquelles je vis, portent la marque d'une gauche humaniste sociale et écologique, en matière d'habitat, de transport urbain et plus largement de mobilité, de culture, d'implication citoyenne, même si encore une fois des marges de progrès sont très importantes.

Si la candidature d'Anne Hidalgo m'apparaît être une bonne nouvelle, c'est justement parce que cette candidature semble vouloir s'appuyer sur cette gauche qui a su durer dans la conduite des affaires dans un certain nombre de collectivités (Nantes, Rennes, Rouen, Lille ...)
Cette candidature se différencie des autres candidatures de gauche, qui apparaissent d'avantage comme des candidatures porteuses de visions, intéressantes parfois, mais sans une réelle incarnation.

L'élection présidentielle n'est pas un concours de rhétorique, d'éloquence, de dissertation philosophique ou économique. Ce n'est pas non plus un casting des idées nouvelles, ni le concours Lépine de la meilleure idée.
C'est une élection  qui engage le pays et les citoyens qui le composent. C'est une élection à une responsabilité qui nécessite pour celui où celle qui va l'occuper, une capacité d’écoute, d’ouverture, de négociation, de compromis, de fermeté sur le cap et de la souplesse dans les mises en œuvre.
L'exercice du pouvoir exécutif au sein de collectivités territoriales, forme à ces savoir-faire et savoir être. C'est un atout incontestable.
Anne Hidalgo, même si c'est une équipe qui gère, a développé des capacité de gestion, de débats, de compromis, d'arbitrage et de décision.

Si je considère cette candidature comme une bonne nouvelle, je ne considère pas pour autant qu'Anne Hidalgo est la femme, la candidate providentielle, à laquelle il faudrait faire allégeance et coller des affiches sans rien dire.
Il n'y a ni femme providentielle, ni homme providentiel, ni à gauche, ni à droite. Par contre il y a une gauche, qui agit qui transforme les territoires, qui travaillent à répondre aux besoins des citoyens, qui développent des politiques sociales et qui dans toute son action se différencie de la droite et bien sûr de l'extrême droite.

Anne Hidalgo est une des actrices de cette gauche. Il y en a d'autres, mais, elle a su avec d'autres élus.es, créer une dynamique nécessaire pour se lancer dans la campagne présidentielle.

Pour que cette candidature réussisse, c'est à dire qu'elle puisse fédérer autour d'elle des hommes et des femmes de toutes générations, de tous les territoires, de toutes  professions, engagés dans le monde économique, dans le monde syndical et associatif, comme dans le monde mutualiste et coopératif, et dans toutes autres initiatives citoyennes, pour redonner de l’espoir à des citoyennes et des citoyens, dans une période marquée par l’insécurité et l’incertitude, il y a nécessité absolu de développer :

  • des capacités d'écoute,
  • des capacités d’ouverture pour comprendre la société, les femmes et les hommes qui la composent
  • des capacités d'humilité,
  • des capacités à faire confiance,
  • des capacités à ne pas tout réinventer et s'appuyer sur des productions déjà travaillées dans le domaine de l'emploi, de la formation, de la santé, de la fiscalité, de la protection sociale...

C'est une tâche énorme. Il y a encore beaucoup à faire pour que cette candidature soit celle d'un renouvellement d'une gauche humaniste, écologique et sociale qui redonne espoir, qui redonne confiance en l'avenir.  Mais c'est possible.

Gaby Bonnand

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