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La Guerre en Ukraine est un choc. Un choc terrible pour les Ukrainiens et Ukrainiennes  qui subissent dans leurs êtres, dans leur chair,  les atrocités perpétrées par Poutine.

C’est aussi un choc pour nous. Cette tragédie vient nous déstabiliser en tant personne. Elle fait irruption dans une actualité fortement perturbée, notamment par la crise du COVID.  

Un choc qui vient bousculer l’espace politique et le présent d’une campagne électorale dans laquelle se sont  invités des discours de haines à l’encontre de ceux qui sont différents,  des discours de négation de celui qui ne nous ressemble pas. Cette guerre qui a pour point de départ la négation de l’Ukraine, des ukrainiens et des ukrainiennes, par le dictateur Poutine, montre que la haine et la négation de l’autre, ne sont pas seulement des mots, mais des atteintes à la vie et des morts.

Un choc qui vient bousculer le présent d’une crise sanitaire, et d’une campagne électorale dans lesquelles se sont invités des discours et propos, affirmant que notre pays vivait sous dictature. Cette guerre a pour seul décideur, un dictateur, en chair et en os à Moscou. Il n’hésite pas à museler son peuple, à massacrer ceux qu’il désigne comme « un peuple frère ». Cette guerre montre que les mots ont un sens et leur utilisation à des fins politiciennes est une insulte à ceux qui se battent pour leur liberté.

Un choc qui vient bousculer un espace politique et le présent d’une campagne électorale dans lesquelles il est difficile parfois d’y voir clair sur les points de repères, les fondamentaux qui inspirent les différents partis et candidats. La guerre engagée par la seule volonté d’un dictateur méprisant la démocratie et par là-même tous les pays s’en réclamant, montre que si la démocratie et sa façon de la mettre en œuvre mérite débats, confrontations et controverses, il y a une ligne de fracture infranchissable entre les démocraties et les dictatures. Tout idée de non alignement au prétexte de n’être ni du côté russe, ni du côté occidental, est une diversion et une négation du temps long qu’exige la construction d’espaces démocratiques.

Un choc  qui vient bousculer un espace politique et le présent d’une campagne électorale dans lesquelles l’Europe est désignée par plusieurs partis et candidats comme la responsable du malheur français, comme le porte valise du capitalisme dérégulé. Après la crise sanitaire qui a vu l’Europe se ressaisir pour prendre un certain nombre de mesures pour aider les pays membres, la guerre en Ukraine est une nouvelle occasion pour l’Europe de monter son unité et sa détermination. En même temps, cette situation vient de nouveau nous rappeler quelques fondamentaux de la démocratie : Les espaces de paix entre les peuples ne se construisent pas à coup de canons, mais dans le cadre de débats, de négociations et de compromis actés dans  des règles de droits. Certes c’est long, ce n’est pas parfait. Il y a encore beaucoup de chemin à faire, mais la perfection des discours ne pèse pas grand-chose à l’heure des décisions collectives à prendre. Seul des espaces démocratiques peuvent permettre des réponses efficientes.

Un choc qui vient bousculer un espace politique et le présent d’une campagne électorale pour laquelle le favori vient juste de déclarer sa candidature et n’a pas encore dévoilé son programme, avec la tentation de faire une partition entre ce qui serait les grandes choses géopolitiques et donc la guerre en Ukraine et les petites choses qui touchent à la manière dont on vit qui sont essentielles.

L’enchaînement que nous avons vécu avec les gilets jaunes, la crise Covid et maintenant la guerre, est révélateur de dérèglements dans la manière dont on fait société, que nous avons rarement connus.

Au-delà des questions du Pouvoir d’Achat qui ne peuvent se régler par des mesures techniques comme la ristourne de 0,15€ sur l’essence, de la protection sociale qui ne peut se résumer à l’augmentation de la durée de cotisation, la campagne doit être un moment de débat et de réflexions profondes au regard de ce que nous avons vécu.

Si le choix du camp de la démocratie ne souffre d’aucune concession vis-à-vis du camp des dictatures, il y a place au sein des démocraties, à des débats sérieux.

De ce point de vue, la responsabilité de tous les candidats dans cette campagne est engagée pour que les questions d’inégalités, celles du travail de sa place, du rôle des syndicats et plus largement de la participation des citoyens aux débats dans une démocratie, (laquelle  ne se résume pas au suffrage universel), soient traitées et débattues.

Elles ne doivent pas s’effacer derrière un discours qui ferait des questions géopolitiques totalement indépendantes de la manière dont nous  faisons société, et sur la manière de vivre la démocratie[1] dans notre propre pays.

Gaby Bonnand

 

[1] Daniel Cohen et Frédéric Worms dans l’émission de France Culture « esprit public » du 13 Mars 2022

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