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Il y a des mots ou des expressions qui sont devenus des espèces de poncifs. Les affirmer suffit. Pas besoin de démontrer. Sous couvert de neutralité, ils n'en cachent pas moins un discours dangereux.

"Évitons tout dogme"

Pierre GATTAZ, le numéro 1 du Medef (Le monde 22 aout 2013) : "Evitons tout dogme: introduire dans une démarche coordonnée et limitée une dose supplémentaire de capitalisation comme cela se fait dans tous les pays européens permettrait de stabiliser et de pérenniser un système de retraite indispensable au bon fonctionnement de notre société"
Si cette expression n'est pas un dogme, je n'ai pas compris la signification du terme. Sauf si, après les dégâts que fait subir la financiarisation outrancière de l'économie, monsieur Gattaz nous explique, autrement que par une affirmation, par quel mécanisme, une dose supplémentaire de capitalisation viendrait pérenniser et stabiliser notre système de retraite.

Quand monsieur Gattaz s’en prend aux dogmes, ne s’en prend-il pas, en fait, à toute pensée différente de la sienne ? C’est une question. Mais j’ai un doute ! Et je me sens d’un coup très dogmatique.

"Loin des idéologies"

François BAYROU (France 2- 21 aout 2013) : "la question de l'immigration et de l'intégration n'est pas traitée en France. Elle n'est traitée que de manière idéologique"

Ah bon!. Que veut dire « de manière idéologique »? Le regard porté sur la réalité serait donc unique et ne souffrirait pas de débat? Tout le monde doit-il penser de la même façon?
Cela veut-il dire que ce que dit monsieur Bayrou sur cette question s'impose à tous : " Il y a aujourd'hui dans la société française quel que soit les sensibilités, une interrogation sur notre modèle d'immigration et d'intégration qui ne correspond pas à ce qu'on voudrait comme équilibre et comme avenir."

A en croire monsieur Bayrou, ce qu'il a dit n'est pas du tout idéologique. Probablement que pour lui ne sont idéologiques que les discours différents du sien !

Grace à monsieur Bayrou, je me découvre idéologue. Jusqu'à ce jour je l'ignorais.

« Il faut dire la vérité aux Français »

Jean Marc SYLVESTRE : (article sur son blog du 13 Juillet 2013) « Le 14 juillet, c’est le jour de la liberté, de la fraternité, de la solidarité mais si seulement on pouvait y ajouter le mot «vérité». Du moins dans la pratique, ça changerait tout : vérité des faits, des chiffres, des intentions et des promesses »…

« L’opération vérité pour François Hollande devrait donc passer par l’examen de toutes ces situations et en tirer les leçons ».

Ce monsieur aime beaucoup le terme « Vérité ». D’ailleurs, il ne met jamais de « s » à vérité. Pour lui, il n’y a pas de doute, il n’y a qu’une vérité. Et qu’elle est cette vérité ?

« La situation apparaît catastrophique et surtout sans perspectives de redressement. D’où les rumeurs de plus en plus persistantes de krachs financiers pendant l’été ».

Ce monsieur si bien informé donnait même une date : « la semaine qui précède le 15 août. C’est généralement le moment choisi pour lancer les attaques spéculatives les plus violentes sur les pays ou les institutions les plus endettées …. Au-delà des risques de krachs pendant cet été, la France court évidemment un risque d’étouffement ».

Peut-être a-t-il peur d’être attaqué pour sa partialité ? En tout cas, monsieur Sylvestre en appelle dans son article, à Jacques Attali. Selon lui « Jacques Attali passe dans les ministères les plus responsables pour prévenir de la nécessité de faire des réformes. La France, dit-il, « a jusqu’à la fin de l’année pour redresser la barre, après il sera trop tard parce qu'on entrera en campagne électorale permanente ». Et d’ajouter, « C’est exactement ce qu'a dit Pierre Gattaz, le nouveau président du Medef, quand il a été reçu à Élysée cette semaine »

Voilà pourquoi il en appelait à Jacques ATTALI : 3 personnes qui pensent la même chose est obligatoirement une vérité.

Mais ça ne suffit pas à convaincre. Alors monsieur Sylvestre termine son article par des affirmations qui ne souffrent pas de contestations, bien-sûr : « Tout le monde sait ce qu’il faudrait faire pour sortir de la crise. Y compris François Hollande. Tout le monde est d’accord sur le même remède lié à la compétitivité mais personne ne sait quoi faire en complément pour être réélu. Le problème de l’homme politique aujourd’hui est de protéger sa fonction. Si seulement l’opinion publique exigeait qu‘ils disent la vérité, ça changerait tout. Mais dans ce cas-là, on n'aurait pas des hommes politiques mais des hommes d’État».

Je ne fais pas le même rêve que Jean Marc SYLVESTRE : Je rêve du jour où les commentateurs, donneurs de leçons qui se sont fait une place hyper protégée dans l’espace médiatique, soient remplacés par de vrais journalistes !!!

Peut-être m’aideraient-il, moi et mes concitoyens, à comprendre comment un monsieur si bien informé, qui sait ce qu’a dit monsieur ATTALI dans les ministères, et monsieur GATTAZ au Président de la République (et qui plus est, se dit économiste), ne nous ai rien dit sur le frémissement de la croissance que la France a connu au second trimestre 2013. Information rendue publique par l’INSEE le 14 Aout, veille du jour imaginé par Monsieur SYLVESTRE, d’un krach financier !!! Parfois on en viendrait à croire à la réincarnation... de Nostradamus, bien sûr !

Mais je fais certainement de l’idéologie ou peut-être suis-je un peu dogmatique !

Gaby BONNAND

Billet d'humeur : Le dessous des mots
Tag(s) : #Médias, #Economie

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